Épisode 26 – Derniers jours en Iran

Qom d’habitude !

Nous reprenons la route de retour, en remontant toujours plus vers le nord, et chaque kilomètre nous éloigne un peu plus de la chaleur, du sable et des chameaux… Nous décidons de rejoindre la mer Caspienne, avant de retourner plein ouest, direction la Turquie.

Mais tout d’abord, nous faisons un petit détour sur la route de Téhéran en allant à Qom. Nos avons entendu beaucoup de choses sur cette ville, certains nous ont assuré que le Mausolée de Fatima vaut vraiment le détour, alors que d’autres nous assurent que cette ville n’est qu’un repère d’extrémistes religieux conservateurs et obtus. Il s’agit en effet d’un bastion de Mollah, ces érudits religieux qui sont à l’origine de la révolution islamique. Ici, pas question de se balader le foulard mal mis ou les bras à l’air : l’application de la loi islamique y est rigoureuse nous préviennent les iraniens ainsi que le Lonely.

Nous décidons d’aller vérifier par nous-même !

Qom est célèbre pour abriter les mausolées de Fatima, fille du 7ème Immam, et soeur du très vénéré Imam Reza, le 8ème des 12 imams Chiite. C’est donc le 2ème site de pélerinage Chiite en Iran, juste après Mashad. Il s’agit également du centre d’enseignement religieux et de formation de mollah et d’imams le plus vaste et le plus actif du monde musulman chiite. C’est aussi le berceau de Khomeini, la ville qui l’a vu grandir, faire ses premiers prêches révolutionnaires, et c’est ici qu’il est revenu triomphant de son exil en France après la fuite du Shah…

C’est pour toutes ces raisons que l’accès au complexe du mausolée (38.000 m² tout de même) est très contrôlé, et les « non-musulmans » doivent être escortés par un guide officiel, qui nous explique l’histoire de l’Imam Reza et de sa soeur, ainsi que de l’Islam en général, mais qui veille aussi à nous faire suivre un parcours précis qui évidemment ne nous laisse pas visiter tout le site à loisir…

Notre « guide »

Et bien sûr Lola doit une fois de plus revêtir un magnifique tchador à fleur, qui nous affiche ouvertement comme touristes, s’il y en avait encore besoin…

Le rideau de douche réglementaire !

Le site est immense, on ne compte plus les dômes, les minarets, les salles de prières, les restaurants… Tous les dômes sont recouverts d’or pur, ainsi que de nombreux éléments de décoration. Notre guide nous explique que les fidèles sont très généreux ! L’argent a servi à construire le mausolée, et il est aujourd’hui utilisé pour l’entretenir, mais aussi pour financer des oeuvres caritatives, et des repas gratuits sont distribués aux pauvres de la ville.

Il insiste pour nous offrir des coupons permettant de prendre un repas dans la salle de restauration reservée aux pélerins. Nous comprenons qu’il ne tolèrera pas un refus, et nous avons un peu la dalle donc nous acceptons !

Le repas est sommaire mais bon, la salle de restauration est un vrai gymnase, c’est à peine croyable !

Malgré ses sourires enjôleurs, ses propos pacifiques sur l’Islam et sa gracieuse invitation à déjeuner, nous ressentons derrière cette façade de bienveillance une autorité impressionante chez notre guide. Sur son passage, les femmes réajustent leurs chadors et détournent le regard. Le ton se veut chaleureux, mais le compte n’y est pas, on sent bien qu’il est en pleine opération séduction, mais ça n’aura pas pris avec nous…


Téhéran : le retour !

Après cette visite étrange, nous reprenons la route embouteillée de Téhéran pour respirer un bon grand bol de pollution ! Nous y resterons quelques jours, en profitant pour faire quelques courses et visiter quelques endroits que nous n’avions pas encore eu l’occasion de découvrir ! Parmi lesquels :


La tour Azadi

Achevée en 1972, ce monument n’est pas à proprement parler un trésor architectural, il s’agit de « l’arc de triomphe » local, érigé au milieu d’un immense rond-point. La construction est recouverte de plaques de marbres blanc, dans un style voulu moderne. C’est un incontournable de la capitale iranienne que nous avons trouvé très dispensable…

La tour Azadi

La tour Milad

Nous visitons également la tour Milad, une immense tour de 435 mètres de haut qui surplombe la ville. N’ayant pas vraiment de chance avec la météo ces jours-ci, nous décidons de nous y rendre à la nuit tombée en se disant que ce sera certainement plus impressionnant ! Et en effet, la vue depuis la plateforme circulaire du sommet est saisissante !

La tour Milad vue d’en bas

Déambulations Téhéranaises

Nous passons quelques jours supplémentaires à arpenter les rues agitées de la capitale, nous tentons de rejoindre la station de ski de Tochal, au nord de la ville, mais la météo n’annonce pas vraiment un temps dégagé et même des chutes de neige en quantité. Nous renonçons donc…

On décide de se rabattre sur le musée d’Art comtemporain : fermé pour travaux ! Les déceptions s’enchaînent ! Dans ce cas là, il ne faut pas se laisser abattre ! Nous cherchons et trouvons une pâtisserie à l’européenne dans le but de dévaliser croissants et autres éclairs au chocolat… Oui mais voilà, ici les « pâtisseries » quand elles ouvrent le matin, rien n’est prêt, les étalages sont vides, ils commencent à peine à faire la pâte… Décidemment, l’Iran n’est pas un pays de lêve-tôt ! Nous nous consolons en achetant quelques macarons (de la veille donc) qui seront réduits en bouillie après plus d’une heure de métro…

La lose…

On se remettra de nos déceptions avec une dernière soirée sur le parking de Khomeini, devant le Roi Lion et avec une bonne Chicha !


Rasht, l’occidentale

L’extension de notre visa arrive à échéance, et nous devrons bientôt nous présenter à la frontière Turque au poste frontière de Sero-Esendere, mais il nous reste suffisamment de temps pour faire un très gros détour par la mer Caspienne.

Nous mettons donc le cap sur Rasht, une ville du littoral, un peu en retrait de la mer. L’athmosphère ici y est étrange, il y a un petit quelque chose de différent dans l’attitude et la tenue des gens, ainsi que dans l’architecture des bâtiments. Nous cherchons un moment avant de mettre le doigt dessus : cette ville fait très européenne.

Nous sommes entourés de sommets enneigés qui ne sont pas sans nous rappeler les Alpes, il y a des sapins, les jeunes portent des habits bien plus proches de ce que nous connaissons, la mairie semble venir tout droit de France, et il y a même un carillon qui sonne les heures ! C’est très déstabilisant !

L’hôtel de ville de Rasht, et son carillon
Le style n’est pas très dépaysant !

Aujourd’hui c’est Noël, en tous cas pour ceux qui y croient, ou au moins pour ceux qui vivent dans un pays ayant récupéré le concept d’un point de vue marketing. Ici, ce n’est pas le cas. Pas de décorations lumineuses tapageuses et douteuses, pas de Pères Noël glauques pendus aux fenêtres, pas de sapins abbatus pour pourrir le long des avenues, pas de pic de consumérisme particulier. Un jour comme un autre, loin du tumulte habituel et de la « magie de Noël » de façade.

Nous ferons simplement un petit tour dans le très sympathique marché (oui oui, en plein air, ou presque !) de Rasht, qui nous change décidément un peu plus du reste du pays et de ses sempiternels bazars.

Sur les étals, parmi les têtes de moutons et les fruits, le Poisson est bien sûr omniprésent

Masouleh, le village à étages

Nous quittons Rasht et reprenons la routes à travers les routes « alpines » des contreforts de l’Albourz, en direction du Nord pour rejoindre Masouleh. Nous traversons des forêts de sapins, des vallées fertiles où serpentent de nombreux ruisseaux. Après toute la chaleur et la sécheresse du Sud du pays, L’Iran ne cesse de nous surprendre !

Masouleh est un petit village de quelques centaines d’habitants, niché sur les flancs d’une montagne. Sa particularité est d’être disposé « en terrasse » : c’est à dire que les maisons sont collées les unes aux autres par rangées, et que les toits d’une rangée de maisons forment la rue et les cours de la rangée du dessus. Aussi, quand vous vous baladez dans le village, vous marchez forcément sur le toit de la maison de quelqu’un ! Du fait de cette particularité, et de l’étroitesse des ruelles, le village est interdit à tous les véhicules à moteur.

C’est théoriquement un endroit touristique, mais en ce 25 décembre froid et gris, nous ne croiserons absolument aucun touriste et pourrons profiter du charme et de l’authenticité du village pour nous tous seuls !

Village perdu, loin de tout, interdits aux motos et voitures, abandonné par les touristes et les vendeurs de souvenirs est si reposant, que nous décidons d’y passer 2 jours, en y louant un adorable petit appartement dans une maison typique, avec une belle vue sur le village.

Les ruelles de Masouleh




La mer Caspienne

Notre route nous mène toujours plus au Nord, les paysages changent encore, le toit des maisons est désormais très « asiatique », avec des pentes raides et des rebords qui remontent sur les angles: il ne manque que des dragons… Les champs sont désormais des rizières, et le thé est massivement cultivé dans la région.

Des théiers !

Puis enfin nous approchons de la côte de la Mer Capienne ! Nous n’avions pas encore fait connaissance avec celle-ci ! Après l’Adriatique, la mer Egée, la mer Noire, et la mer d’Arabie, nous ne pouvions pas manquer l’opportunité de la saluer !


Ardabil

Notre prochaine étape sera Ardabil, une ville de 650.000 habitants, en majeure partie Azéris, de part la proximité de la frontière avec l’Azerbaïdjan. Ici aussi, changement de décor : c’est industriel, sale, à l’abandon… Nous étions habitués à mieux ! Aussi allons nous faire le plein d’esthétisme et de raffinement au Mausolée du cheikh Safi ad-Dîn.

L’entrée du complexe renfermant le Mausolée

M

Tabriz et Orumieh, ça sent la fin…

La météo s’annonce catastrophique : grand froid, puis importantes chutes de neige… Nous ne voulons pas prendre le risque de nous retrouver bloqués par la neige alors que notre visa expire dans 3 jours… Nous mettons donc le cap sur Tabriz, pour une petite halte d’une nuit, et visiter à nouveau l’immense et attachant bazar. Nous y achèterons tout un tas de souvenirs pour nos amis et nos familles, allant du safran aux dattes, en passant par du thé, des biscuits, des magnets et autres babioles locales !

Puis nous reprenons la route, mais nous n’avons pas devancé la neige, elle est tombée dans la nuit, mais heureusement en faible quantité !

Nous traversons des étendues glacées, avant d’arriver au lac d’Orumieh, ou plutôt à l’ancien lac d’Orumieh. En effet, ses eaux ont été déviées, pompées et utilisées jusqu’à ce qu’il ne représente plus que 10% de sa surface d’autrefois. Nous roulons donc sur une route qui traverse un ancien lac asséché, c’est un spectacle désolant, un désastre écologique !

Le lac d’Orumieh

Il nous reste quelques Rials à dépenser, car les changer ne serait absolument pas rentable, donc nous optons pour un passage au bazar (encore) histoire d’acheter de la nourriture pour nos prochains jours en Turquie.

Un casseur de sucre !

 

C’est la fin…

Nous ne sommes plus qu’à 50 kms de la frontière Turque (et 70 de la frontière Irakienne…) Et nous avons 2 jours « d’avance » sur l’expiration de l’extension de notre visa, ça devrait aller…

Un imposant massif montagneux se dresse à l’ouest, entre nous et la Turquie, nous sommes le 31 Décembre. Pas de festivités prévues ce soir, et pour cause : l’Iran a son propre calendrier (solaire), et si nous sommes le 31 Décembre 2018 dans le reste du monde, ici nous sommes le 10ème Jour du 10ème mois de l’année 1397.

Donc demain, point de nouvelle année !

En revanche, demain matin à 8h30, nous serons au poste frontière de Sero-Esendere, sans nous douter de ce qui nous y attend…

Épisode 25 – Kashan : luxe, calme et volupté !


Nous sommes donc de retour à Kashan, plus d’un mois après ! Nous y avions mangé un délicieux repas en compagnie de nos amis Amandine et Julien, après notre virée dans le désert du Dasht-e Kavir tout proche, mais à l’époque nous ne nous y étions pas vraiment arrêtés et avions préféré filer vers Yazd !

Aujourd’hui, nous allons réparer cet oubli !


Le Fin Garden

Et nous allons commencer ce rattrapage impardonable par la visite du « Fin Garden », un jardin à la persane comme il en existe encore beaucoup en Iran. Ce lieu a été conçu pour être un « paradis sur terre », nous ne serons pas aussi enthousiastes, même si c’est plutôt plaisant… En tous cas ça doit être beaucoup plus sympa au printemps ! Les souverains perses aimaient à venir flâner dans ces allées et se promenaient le long de ces bassins, en quête de détente et de spiritualité… De plus, le jardin dispose aussi de son propre hammam, ça va de soi !

Des fontaines et des bassins longent les allées

Dans l’un des pavillons du Jardin, la fresque au plafond retient tout à coup notre attention… En effet, on peut y voir ce qui est actuellement considéré en Iran comme de la pornographie ! Une scène impensable de nos jours, et réservée à un public averti : une jeune femme seins nus dans une rivière !

Une scène « osée » !

Les maisons traditionelles

Le lendemain matin, après un petit tour au bazar pour y acheter quelques douceurs, nous nous rendons dans le centre ancien pour visiter ce qui fait la renommée de Kashan : ses « maisons traditionelles. » Il en existe de nombreuses dans toute la ville, plus ou moins belles et en plus ou moins bon état. Certaines sont restaurées et sont devenues des hôtels, comme celle où nous logeons pour ces quelques jours.

Les 3 maisons les plus impressionantes sont les maisons Tabatabaei, Boroudjerdi et Abbasi.

La maison Tabatabaei

Nous commençons donc par la « maison » Tabatabaei. Maison est entre guillemets car le terme est assez mal choisi. Celui de « Palais » conviendrait bien mieux ! En effet, construite en 1840 par un riche marchand de tapis, cette humble demeure de 5000 m² ne contient que 40 chambres, et n’est équipée que de 3 badgirs et 2 kanats… Rien de fou !

La Maison Tabatabaei (une partie…)
Le salon d’hiver

Vue de la maison à travers les vitraux ! #nofilter ! ^^

La maison est tellement grande qu’elle est divisée en une partie hiver, et une partie été, l’une abritée du froid, l’autre climatisée grâce aux badgirs… De plus, il y a 3 zones distinctes, une zone « publique » où les proprios recevaient les invités, une zone réservée à la famille, et une zone pour les domestiques ! La classe !


Toutes les ouvertures donnent sur les cours intérieures, et le niveau du sol est largement inférieur au niveau de la rue, pour ne rien laisser paraître de l’opulence de la demeure à l’extérieur et préserver l’intimité : malin !

La porte d’entrée originelle elle-même, bien qu’équipée des fameux heurtoirs sexués (voir l’explication dans notre précédent article) est toute simple et ne préfigure pas le luxe de la maison…

Les fameux heurtoirs !

La maison Abbasi

Cette maison, qui est la suivante sur notre liste a également été bâtie au 19ème siècle, et mesure aussi 5000 m² comme la prédédente. On y retrouve aussi les 3 espaces distincts (public, familles, serviteurs) et sensiblement la même architecture même si on l’a trouvée un peu moins « cosy » !

La maison Abbasi




La maison Boroudjerdi et le Hammam

Cette dernière maison du trio est moins imposante que ses voisines par la taille, mais pas par le charme, elle abrite en effet un dôme imposant et très joli, vu de dedans, mais aussi depuis les toits du hammam voisin !

Cette demeure n’est rien de moins que la dot de la fille Tabatabei que sa famille a offert au riche Boroudjerdi pour leur mariage ! Sa construction a pris 18 ans, (un cadeau de mariage dont on ne profite pas tout de suite !) et a nécessité le travail de 150 ouvriers !

Nous enchaînons cette visite avec celle du hammam voisin, que nous explorons de l’intérieur (sans grand intérêt !) mais surtout nous grimpons sur le toit, d’où on peut voir les dômes vitrés du hammam, mais aussi les badgirs alentours ainsi que la coupole de la maison Boroudjerdi. C’est vraiment impressionant !

L’entrée du hammam

Les toits du hammam

Ces maisons sont véritablement immenses et richement décorées, nous nous y sommes promené avec plaisir, mais ça nous a pris la journée ! Après une pause kebab (pour changer…) Vincent file se coucher alors que Lola (sans doute inspirée par le hammam) décide d’aller faire la riche en allant se faire masser dans le Spa d’un hôtel du coin !


La Mosquée Agha Bozorg

Ça commençait à faire longtemps qu’on avait pas mis les pieds à la mosquée, et ça nous manquait un peu ! Nous voilà donc en route pour la mosquée Agha Bozorg de Kashan. Elle ne s’appelle pas Mosquée du Vendredi, elle marque donc déjà des points avant même que nous ne l’ayons vue !

Le dôme de la mosquée Agah Bozorg
Cour intérieure et madresseh



Deux choses amusantes ont retenu notre attention : L’imposante porte principale, qui comporte autant de clous qu’il y a de versets dans le coran, et un terrain de Volley (ou plus vraisemblablement de Badminton) que nous avons trouvé dans la cour arrière de la mosquée. Surement pour se détendre après la prière ?!


Le Mausolée d’Aran-e Bidgol

Pour rester dans le religieux, nous allons voir un grand mausolée, construit dans la ville d’à côté : Aran-e Bidgol. Il s’agit d’un descendant de Mahommet, mais nous n’avons pas trop cerné qui…

Quoi qu’il en soit, le site est imposant, et pour Lola le tchador est de mise ! Sexy !

L’intérieur est (trop ?) richement décoré de mirroirs comme c’est souvent le cas dans les mausolées iraniens. Les lustres sont très rococo et l’ensemble donne un style assez lourd, mais néanmoins impressionant. Le parterre qui entoure le mausolée est composée de tombes de « martyrs », ce qui parachève l’ambiance générale !


Nushabad, la cité souterraine

Après cette pieuse visite, nous rejoignons non loin de là l’entrée de Nushabad, une ville troglodyte enfouie sous le sol de la ville actuelle. Destinée à accueillir la population en cas d’attaque, elle contient des immenses réservoirs utilisés pour stocker l’eau potable, des canaux pour la circulation de l’eau, des conduits d’aération, des pièces de vie ainsi que des pièges pour d’éventuels ennemis… La température y est constante tout au long de l’année, ce qui doit être très agréable en plein mois d’août !


Voilà pour notre passage à Kashan, cette ville est tellement riche d’un point de vue architecturel, culturel et religieux que nous avons l’impression de n’en avoir eu qu’un aperçu, ce que les habitants ont bien voulu montrer aux touristes… Mais combien de demeures magnifiques se cachent derrière de simples portes ? Combien de palais et de merveilles abritent encore les murs de Kashan ?

Nous ne le saurons jamais…

Nous quittons la ville ravis de notre séjour ! Maintenant, nous remontons sur Téhéran en faisant un petit crochet par Qom !

À tout de suite 🙂

Épisode 24 – Abyaneh, le village ocre

Nous laissons Ispahan derrière nous avec quelques regrets, nous aurions aimé explorer d’avantage cette ville si charmante, mais l’Iran est un si grand pays… Nous devons faire des choix ! (pour cette fois-ci !)

Nous nous remettons donc en route pour Kashan, avec 2 étapes au programme : le petit village de Natanz, à 150 kms au nord d’Ispahan, et le village de montagne d’Abyaneh, encore plus au nord.


Natanz

Il nous faudra énormément de temps pour sortir d’Isfahan, la circulation y est extraordinairement dense, nous pensions faire une simple halte dans le village de Natanz, nous y passerons la nuit !

Le mausolée du sheikh Abd al-Samad, et la mosquée… du vendredi !

La ville est cachée au creux des montagnes, elle ne présente pas de grand intérêt hormis la mosquée Jameh, qui abrite le mausolée du sheikh Abd al-Samad. La particularité de cet édifice est son toit, en forme de « crayon de couleur » ! (ce n’est certainement pas le terme adéquat, mais ça correpond pas mal….)

La mosquée est assez ancienne, et après Isfahan, elle se démarque par sa sobriété, pour ne pas dire son dépouillement !

La ruelle derrière la mosquée

En repartant de Natanz, nous longeons le fameux site d’enrichissement d’uranium qui a été l’objet d’une querelle entre les états-unis et l’Iran. Il s’agit d’un vaste complexe souterrain où seuls des miradors et des batteries de défense anti-aérienne émergent du désert. Vu qu’on était pas trop chauds d’aller en prison, on a respecté les énormes panneaux qui signalent l’interdiction de prendre des photos… ^^


Abyaneh, ocre c’est beau !

Après cette petite nuit presque fraîche à Natanz, nous nous enfonçons un peu plus dans la montagne, en attaquant les flancs du mont Karkas, et nous serpentons sur les pentes duquel est perché le pittoresque village d’Abyaneh. La route qui y mène est saisissante et les paysages sont grandioses !

Le groupe des femmes du village

Ce village est occupé depuis l’antiquité, à l’écart des axes de communication et plutôt difficile d’accès, il est resté assez fidèle à ses coutumes : ici, les habitants portent des habits traditionnels (foulard blanc avec des roses et jupes pour les femmes, et pantalon façon sarrouel pour les hommes) et ils parlent un dialecte propre au village.

Ce qui fait le charme d’Abyaneh, en plus de son dialecte et des tenues des habitants, c’est l’architecture du village en lui même. Toutes les maisons sont regroupées, voire entassées sur les flancs de la montagnes, les ruelles sont étroites et sinueuses. Les murs sont en terre, en argile ou en torchis. Rouge comme la terre ici. Forcément.

Les ruelles du village sont un vrai dédale dans lequel on a pris plaisir à se perdre. Nous sommes au début de l’hiver, c’est la mauvaise saison et nous sommes les seuls étrangers à déambuler ici. Nous rentrons dans un étrange mausolée rempli de photos de « martyrs » de la guerre Iran-Irak, c’est assez glauque, mais la vue sur les collines depuis la terrasse est très sympa !

Autre curiosité qui attire notre attention : le heurtoir des portes ! Chaque porte de maison est équipée de 2 heurtoirs différents pour frapper et annoncer sa venue. La raison est assez saugrenue pour nous : il y en a un pour les hommes et un pour les femmes ! Chaque heurtoir produit un bruit différent, ce qui permet à la maitresse de maison de savoir qui se cache derrière, et ainsi de savoir si elle doit se couvrir ou pas ! (le judas de l’époque en somme !)

Les heurtoirs « sexués »

Notre théorie est que celui en longueur est pour les hommes, et celui en forme de rond est pour les femmes, allez savoir pourquoi… 🙂

En grimpant un peu sur la colline qui fait face au village, nous profitons d’une belle vue d’ensemble !


Pour se défendre d’éventuels assauts, les villageois ont érigé 3 forteresses autour du village, sur les hauteurs. Il n’en reste malheureusement pas grand chose, la mieux conservée, d’époque Sassanide, offre aussi une vue panoramique sur le village !


« À Abiyaneh, la valeur n’attend point le nombre des années. »

Saurez-vous retrouver cette citation (détournée) de Corneille ?

Pour conclure, ce petit village de montagne nous aura séduit par son côté rural et authentique, ses maisons de charme aux facades ocres, ainsi que par le cadre agréable et reposant dans lequel il se situe…

Nous avions hésité à y aller, mais Abyaneh restera comme la bonne surprise de cette partie du voyage ! Si vous passez par là, allez-y !

Épisode 23 – Isfahan, la moitié du monde

Notre périple nous emmène à présent à Isfahan, la très célèbre et raffinée capitale de la dynastie Safavide. Bien que troisième plus grosse ville d’Iran, le centre historique de la ville a gardé un charme indéniable.

Les travaux d’aménagement et de construction de grands monuments menés par Shah Abbas Ier l’on définitivement établi comme joyau architectural perse. En Persan, son nom est phonétiquement proche d’une autre expression, qui lui vaut son surnom de « Moitié du Monde » ! Et c’est donc avec une certaine impatience que nous nous lançons à sa découverte !


Les joies simples du Camembert

Mais avant de jeter dans un bain de culture, d’histoire et d’architecture, c’est une escale d’un autre genre qui nous attend ! En effet, nous avons reperé une chose plutôt rare en Iran : un centre commercial ! Un peu lassés du riz, du kebab, du fromage ultra-salé, nous allons visiter ce centre commercial tout neuf et gigantesque. A l’intérieur nous trouvons même un « Hyper Star » : filiale iranienne de notre bon vieux Carrefour. Nous arpentons sans trop y croire des allées entières de produits introuvables jusqu’à lors : du fromage (du vrai ! même du camembert et du bleu), du pain à la française, des Danettes, de la moutarde… Un rêve ! Du coup on se lâche et on ressort avec des provisions en quantité et un ticket de caisse collector : 5 Millions de Rials !

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La place Naghsh-e Jahan, le coeur battant de la ville

Après avoir fait le plein de bonnes choses, nous continuons de jouer aux riches en prenant un hôtel (avec une baignoire !!!) juste à côté de cette place, que nous nous empressons de découvrir…

Les iraniens sont fiers de nous annoncer qu’il s’agit là de l’une des places les plus grandes du monde… Nos quelques doutes à ce sujet se dissipent lorsque qu’après avoir franchi les arches sous lesquelles se trouvent des boutiques de souvenirs et d’artisanant, nous pénétrons dans l’enceinte immense de la place.

Vue de la place Naghsh-e Jahan depuis la terrasse du Palais Ali Qapu

La place mesure 560 mètres de long sur 160 de large, soit 9 hectares ! Son nom signifie « portrait du monde » Elle est entièrement piétonne, et seuls quelques minibus électriques y circulent pour les personnes à mobilité réduite, ainsi que des carioles pour les touristes. Le périmètre de la place est délimité par des arcades sur 2 niveaux abritant des boutiques au rez-de-chaussée. Elle est entourée par 4 bâtiments importants : le bazar au nord, la Mosquée du Shah au sud, la mosquée du Cheikh Lotfallah à l’est et le Palais Ali Qapu à l’ouest. Des jardins et des fontaines finissent d’en faire un lieu de promenade très agréable.


Le palais Ali Qapu

Nous voici à présent dans le palais des souverains safavides. Un imposant bâtiment de 48 mètres de haut qui compte 7 étages, même si de l’extérieur on ne dirait pas !

Le palais depuis la place Nagsh-e Jahan
Le palais dispose d’une grande terrasse qui domine toute la place, le « talar », dont le toit est soutenu par 18 colonnes de bois, et agémenté d’une fontaine en cuivre. Le plafond du talar est en marqueterie, c’est plutôt classe comme endroit…

La vue de la place et même de toute la ville depuis le talar est saisissante !

Nous visitons le palais avec plaisir, les pièces sont richement décorées par des fresques un peu délavées avec le temps mais toujours très vives.

Et au sommet, le joyau du Palais : la « pièce de Musique » ! Une pièce qui comme son nom l’indique a été spécialement conçue pour jouer et écouter de la musique. Les murs et les plafonds contiennent des alcôves dont les silhouettes représentent des instruments de musique, des jarres de vin, des verres… Le tout avec la recherche d’une acoustique efficace !

Le Dôme de la salle de musique

La mosquée du Shah

Nous poursuivons la visite par la majestueuse Mosquée du Shah, qui occupe le Sud de la place Naghsh-e Jahan. Le portail d’entrée est aligné avec l’axe Nord-Sud de la place, alors que la mosquée elle-même est dirigée vers la Mecque, ce qui crée une différence d’alignement par rapport à la place.

La salle de prière principale est extraordinairement grande, et le dôme est immense. Au milieu, pile sous la coupole se trouve une pierre noire. Un guide montre à des touristes à quoi elle sert, et c’est incroyable : quand on se tient à cet endroit précis et que l’on parle fort, les murs renvoient l’écho de votre voix 7 fois de façon très distincte. C’est très impressionant !

La cour principale, avec au fond, les 2 minarets de l’entrée
La salle de prière principale
Vue d’ensemble
Vue d’ensemble

Une coupole aussi impressionante ne rend pas très bien en photo, alors on a décidé de filmer histoire que vous vous rendiez mieux compte de la grandeur du lieu !


Nous flânons ensuite dans les rues agréables de la ville, et nous nous laissons emporter par le flot animé des passants. Quelques babioles plus tard, nous sommes invités à prendre le thé par un marchand de tapis, il est bien conscient que nous ne repartirons pas avec l’un de ses précieux objets, mais il souhaite simplement nous accueillir et pratiquer son Français, qu’il maîtrise d’ailleurs à la perfection. Une fois de plus, ce fut un échange très riche !


La mosquée Jameh

Il s’agit de la « vieille » mosquée de la ville. Bien que la date de sa construction soit inconnue, elle est antérieure à la mosquée du Shah et la mosquée du CHeikh Lotfallah que nous allons voir ensuite. Elle est aussi très grande, possède de nombreuses salles de prières, plusieurs Madrasseh, le tout disposé autour d’une immense cour intérieure centrale, encadrée par les 4 iwans caractéristiques de l’architecture persane.


Chanter sous les ponts…

Après avoir visité ces deux merveilleuses mosquées, nous décidons de garder la troisième pour le lendemain, histoire de ne pas saturer trop vite ! Après une bonne sieste, nous repartons à la nuit tombée en direction des autres monuments célèbres d’Isfahan, à savoir : ses ponts ! En chemin, en remontant une avenue piétonne le long de laquelle se tient une sorte de « Marché de Noël », nous engloutissons quelques douceurs sucrées inconnues en sirotant un thé Massala acheté dans un combi aménagé en Food Truck.

Puis nous rejoignons le premier pont qui se présente à nous : Le « Si-o-se Pol », sans doute imposant en pleine journée, il est réellement resplendissant de nuit !


Autrefois, le Zayandeh Rud, (le « fleuve qui fait naître) traversait Isfahan, et la ville s’étendait de part et d’autre de ses rives, l’enjambant au moyen de 11 ponts majestueux. Aujourd’hui, le fleuve est tari, une grosse partie a été détournée pour irriguer Yazd, et la sécheresse récurrente a fait le reste. L’eau ne revient que de rares fois par an, et seulement par petits filets… C’est assez triste et c’est surtout assez étrange de marcher dans le lit asseché d’un fleuve et de se balader ainsi d’un pont à l’autre !

Nous restons donc dans le lit du fleuve jusqu’au prochain pont : le pont Joubi, qui abrite au milieu un petit restaurant, malheureusement plein !

Le Pont Joubi

Nous continuons notre promenade fluviale jusqu’à un nouveau pont, le Pont Khaju, pour nous le plus beau du lot !

Le pont Khaju

A Isfahan, à la nuit tombée, les gens se regroupent sous les arches des ponts de la ville, pour discuter, fumer, manger, et… écouter les chanteurs ! En effet, les arches sont propices au chant, et il s’en dégage une athmosphère chaleureuse et populaire !

Vraiment sympa !


La mosquée du cheikh lotfallah

Le lendemain matin, après nos déambulations nocturnes et lyriques, nous retournons sur la place Naghsh-e-Jahan pour visiter la mosquée du cheikh lotfallah. Il s’agit d’une mosquée située à l’est de la place, face au palais Ali Qapu et qui était destinée uniquement aux femmes. Dépourvue de minarets pour que les Muezzins ne soient pas tentés de mater toutes ces pieuses femmes, la mosquée était d’ailleurs reliée directement au harem du palais par un souterrain qui traversait la place. Elle ne dispose pas de cour, ni d’Iwan, mais seulement d’une grande salle de prière et d’une coupole impressionante !

L’entrée de la Mosquée
La facade extérieure

Une petite vidéo pour vous permettre d’admirer la coupole :


Voilà, ce sera tout pour notre séjour à Isfahan, bientôt nous reprendrons la route, direction Kashan !

Épisode 22 – Persepolis

Aujourd’hui nous sommes dans un lieu exceptionnel : l’antique cité de Persepolis ! Et nous allons tâcher au mieux de vous la faire visiter avec nous au travers de cet article !

Sur le parking, nous rencontrons une famille de français en vadrouille avec leur Camping-Car : Sabine, David et leurs enfants : Pauline, Gabin & Elise. Nous passons la soirée avec eux et visitons le site ensemble le lendemain matin. Ils sont vraiment très cools et c’est avec regrets que nos routes se sont séparées après la visite de Persepolis et de Naqsh-e Rostam.

N’hésitez pas à aller leur faire un coucou sur leur blog !

Il s’agit d’un site monumental, à la renommée mondiale et qui a remarquablement bien traversé les millénaires pour témoigner du faste et de la grandeur de l’empire perse…

Ce sera une bonne occasion de resortir le drone ! Et pour joindre le geste à la parole, voici un petit aperçu en vidéo :


Histoire et Technologies

Persepolis était la capitale et la résidence royale de l’empire Perse sous la dynastie Achéménide. (Xerxès dans le film 300 par exemple, c’était eux) Empire qui s’étendait à l’est jusqu’en Afghanistan et au Pakistan, à l’ouest en Irak, Syrie, Égypte, Arabie saoudite, Jordanie, Israël et la Palestine, le Liban et jusqu’au nord de la Libye. Donc c’était quand même pas des guignols les mecs !
La ville s’étendait sur plus de 125 000 m², et était entourée de murailles de 18 mètres de haut. La première pierre de la cité de Persepolis à été posée en 520 avant notre ère par Darius Ier qui en ordonna l’édification. (enfin certainement pas par lui mais plutôt par un des nombreux esclaves qui ont dû se crever à la tâche pendant 250 ans… )

Il ne subsiste de nos jours que des ruines, qui ne sont qu’un pâle aperçu de la splendeur de l’époque. (Mais qui en jetent quand même pas mal) A l’entrée du site il est possible de louer des lunettes de réalité virtuelle / réalité augmentée, qui permettent de superposer en 3D et sur 360° une vue reconstituée des bâtiments tels qu’ils étaient à l’époque. C’est vraiment super et ça permet de réaliser à quel point ces palais étaient incroyables ! (Même si du coup on a un peu l’air con avec ^^)

La qualité est bof, mais pour ceux que ça intéresse, on vous conseille vivement de jeter un oeil sur ce qu’il se passe dans ce casque, et de comparer avec les photos actuelles, c’est impressionant !

Et maintenant, en route pour la visite !


L’Escalier principal

L’accès à la terrasse principale et au site se fait par un escalier plutôt énorme, taillé dans des pierres gigantesques. (il y a parfois 5 marches dans un seul bloc de pierre…) La hauteur des marches et la déclivité de l’escalier ont été prévues pour permettre de le monter sans descendre de cheval, et la profondeur des marches permets de le monter avec « élégance » (c’est marqué dans la brochure ^^)

Au fond l’escalier principal et au dessus la porte de toutes les nations
La « Terrasse »

La porte de toutes les nations

En haut de cet escalier se trouve une sorte de « hall d’entrée » gardé par des taureaux androcéphales (des Lammasu) de 5,5 mètres de haut, et où se trouvaient des portes en métaux précieux hautes également de 5m, et le plafond était soutenu par 4 colonnes de plus de 18 mètres…

L’escalier ainsi que la porte des Nations étaient là pour en imposer aux dignitaires venus rencontrer le Roi. Et en effet, ça fonctionne même aujourd’hui et sans les murs ni le plafond…

D’ailleurs, au dessus de l’entrée, une inscription royale en cunéiforme rédigé en Elamite, annonce sobrement :

« Ahuramazda est le grand dieu, qui a créé cette terre ici, qui a créé ce ciel là-bas, qui a créé l’homme, qui a créé le bonheur pour l’homme, qui a fait Xerxès roi, unique roi de nombreux, unique souverain de nombreux. »
« Je suis Xerxès, le grand roi, le roi des rois, le roi des peuples aux nombreuses origines, le roi de cette terre grande au loin, le fils du roi Darius l’Achéménide. »
« Grâce à Ahuramazda, j’ai fait ce Portique de tous les peuples ; il y a encore beaucoup de bon qui a été fait dans cette Perse, que moi j’ai fait et que mon père a fait. Tout ce qui a été fait en outre, qui paraît bon, tout cela nous l’avons fait grâce à Ahuramazda. »

Xerxès Ier
La porte de toutes les nations

Certaines colonnes étaient coiffées d’un chapiteau sculpté pour soutenir la structure, et certaines de ces sculptures sont en forme de griffons plutôt flippants : des « Homa. » Ces créatures mythiques de la littérature persane sont censés être signes de bonne augure, et le Homa est aujourd’hui le logo officiel de la compagnie aérienne nationale iranienne Iran Air. Nous on trouve que ça un ressemble à un pigeon enragé, chacun son truc !

Chapiteau de colonne représentant des Homa

L’Apadana

L’Apadana était une salle d’audience majestueuse, érigée sur une terrasse carrée de 75 mètres de côté. Elle comptait 72 colonnes de 20 mètres de haut, dont seules 13 sont encore debout. Ici étaient reçues les délégations étrangères. Pour accèder à la terrasse, il fallait emprunter un autre escalier, dit escalier de l’Apadana (pas super original, ok…) qui est moins imposant par la taille que le premier, mais il est richement décoré.

Rampe de l’escalier de l’Apadana

De longues frises et des bas-reliefs sont finement sculptés de par et d’autre des rampes d’accès. Ces frises représentent d’un côté les délégations étrangères et des soldats, de l’autre le bas peuple venu amener des offrandes. Chaque personnage représente une nation particulière, reconnaissable (pour les gens calés, pas pour nous) à leurs habits et leur coiffure.

Tous les peuples composant le grand empire perse sont représentés, à savoir pêle-même des : Mèdes, Elamites, Arméniens, Assyriens, Babyloniens, Arachosiens, Phéniciens, Aryens, Cilliciens, Cappadociens, Egyptiens, Scythes, Lydiens, Ioniens, Partes, Bactriens, Saghartiens, Gandhariens, Sodghiens, Indiens, Thraces, Arabes, Lybiens et Nubiens ! Rien que ça ! Amusez-vous à les retrouver !

Il ne reste plus que 13 colonnes debout dans le palais de l’Apadana. Elles n’en sont pas moins impressionantes !

Au premier plan, la porte des Nations, au second plan, l’Apadana
L’Apadana vu d’en haut. A droite sous le toit en tôle, l’escalier de l’Apadana. En haut à gauche la Porte de toutes les nations et l’escalier principal

Palais de Darius Ier

Nous voici maintenant devant le petit pied-à-terre de Darius Ier. Aussi appelé Palais Tachara. Les embrasures de porte qui ont résisté au temps sont monumentales, recouvertes de gravures héroïques où l’on peut voir le Roi se battre avec un lion… Il paraît que les pierres étaient si polies qu’on puvait se regarder dedans ! Très impressionnant.


Les Tombes Royales

Puis nous prenons un peu de distance et de hauteur en grimpant sur les flancs du Mont Rahmat qui surplombe le site pour rejoindre les tombeaux creusés dans la roche des rois Artaxerxès II & III.

Vue de la cité depuis le tombeau d’Ataxerxès II
Vue aérienne de la tombe royale

L’Histoire de Persepolis à pris fin alors que la ville n’était toujours pas achevée. En 331 avant notre ère, Alexandre le Grand arrive à Persepolis après avoir ravagé tout le moyen orient et le pourtour de la méditerranée. Il prend la ville sans trop de problèmes, et fin bourré, il décide de tout brûler histoire de venger la mise à sac d’Athènes par Darius Ier… Fin de l’histoire !

Vue d’ensemble

Encore des Tombeaux !

Nous quittons le site principal de Persepolis pour nous aller visiter avec nos amis français les sites de Naqsh-e Rostam et Naqsh-e Rajab. Il s’agit de deux sites funéraires royaux situés à quelques kilomètres seulement de Persepolis.

Naqsh-e Rajab

Il s’agit là de bas-reliefs sculptés dans la roche, représentant des scènes d’investiture et de défilés royaux. Sympa mais sans plus !

Naqsh-e Rajab

Naqsh-e Rostam

Puis nous arrivons devant une falaise immense, au flanc de laquelle sont creusées 4 tombes royales, celles de Darius Ier, Darius II, Xerxès Ier, et Ataxerxès Ier. Si le site précédent était sans grand intérêt, celui-ci est spectaculaire ! Les tombes sont impressionantes et les sculptures sur la falaises sont exceptionnelement bien conservées…


Pasargades

Nous finissons ces visites achéménides par le tombeau de Cyrus le Grand sur le site archéologique de Pasargades. Si il ne fait pas de doutes que le site cache sans doute des trésors enfouis et mérite un détour, il est clair qu’il n’a pas la renommée (et donc le budget) de son illustre voisine Persepolis.

Le tombeau de Cyrus le Grand est cependant plutôt sympa !

Voilà pour cet article très chargé en histoire et en détails que l’on espère pas trop lourds à digérer ! Nous avons vraiment apprecié marcher sur les pas de Darius, Xerxès et leurs descendants, nous espérons que vous aussi !

N’hésitez pas à commenter ou poser des questions 🙂

Prochaine étape : Isfahan (Ispahan) !

Épisode 21 – Le charme romantique de Shiraz

Qui ne veut pas de ces plaisirs a
perdu tout bonheur de vivre
Et qui ne les a pas cherchés
s’est lui-même interdit de vivre


Et oui ! Nous commençons cet article par un peu de poésie, quelques lignes signées Hafez Shirazi, car la prochaine étape de notre itinéraire Iranien sera Shiraz ! (Chiraz en Français.) Le nom même de cette ville semble familier à l’oreille de tout un chacun tant elle porte en elle une certaine conception d’un orient raffiné, subtil et romantique. Ancienne capitale avant l’avénement de l’ère Kadjar, renommée pour ses poètes et autrefois ses vignobles (le Syrah vient d’ici !), c’est la ville incontournable pour découvrir l’histoire et la culture persane.

Et c’est bien ce que nous comptons faire !

Pour visiter Shiraz, comme souvent lorsque nous sommes en ville, nous préfèrons profiter du confort d’une chambre d’hôtel douillette que de dormir le long d’un trottoir ou sur parking, on est ainsi sûrs de ne pas se faire dégager dans la nuit et on profite d’une douche bien chaude ! (Surtout quand la chambre est fournie avec un copieux petit déjeuner, le tout pour moins de dix euros ^^)


L’inévitable bazar…

C’est devenu un incontournable lors de la découverte d’une ville : le passage au bazar ! Si toutes les villes en possèdent un, tous ne se ressemblent pas ! Certains sont plus charmants que d’autres, et en l’occurence, celui de Shiraz n’est pas le plus attachant du pays ! (pour l’instant, notre chouchou reste celui de Qazvin !)

Les bazari sont toutefois très sympatiques, et lorsqu’en parlant nous leur disons que nous sommes français, ils nous apprennent qu’en France c’est la « guerre » et nous demandent si nos familles vont bien… Apparement, les médias internationaux en font des tonnes à propos des « Gilets Jaunes » !


La mosquée Vakil

Au bout d’une des allées du Bazar se situe l’entrée d’une mosquée qui, une fois n’est pas coutume, ne s’appelle pas « Jameh. » Celle-ci porte le nom de Vakil, et elle est réputée pour ses colonnes apparement.

L’imposante entrée de la mosqée Vakil

La salle de prière fait 3000 m², et elle contient 48 piliers colossaux (et monolithiques !) taillés en torsade. C’est sobre et très impressionant ! On adore !

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Les bains Vakil

Le hammam Vakil jouxte la mosquée du même nom. S’il devait être agréable de s’y délasser à l’époque, sa splendeur et son attrait se sont bien délités avec le temps…


Citadelle Karim Khan

Nous flânons un peu dans les rues agréables de Shiraz puis nous arrivons sur l’immense place Shohada où se trouve la fameuse citadelle Arg-e Karim Khan, emblématique de la ville.

Avant d’y pénétrer, nous visitons un petit musée juste en face, niché dans un jardin persan typique, qui doit être très agréable en été. Aujourd’hui, même s’il y a des orangers chargés d’oranges et quelques bas reliefs sympas, le musée en lui même est extrêmement petit, et le jardin est en travaux…

La citadelle ارگ کریم خان (Arg-e Karim Khani en français !)

Après cette première approche, nous dînons dans un petit resto au son d’un groupe de musiciens qui jouent quasiment pour nous tous seuls ! Puis direction l’hôtel et au lit !

Une architecture raffinée

Il est encore tôt en ce dimanche matin quand nous nous mettons en route assez laborieusement, l’estomac chargé d’Halim (bouillie d’agneau, de blé, beurre, canelle et sucre…) Et si nous partons tôt, c’est parce qu’un iranien rencontré la veille nous a bien briefé sur la visite de la mosquée Nasir-ol-Molk : on doit y aller impérativement au lever du soleil pour éviter la foule et surtout profiter d’un effet de lumière prometteur !

En chemin nous nous arrêtons devant l’entrée d’une Madresseh (école coranique), dont les détails sont très jolis !


La mosquée Nasir-ol-Molk

Puis nous arrivons enfin devant ce que l’on nous a présenté comme la plus belle mosquée d’Iran (ok, on nous dit ça dans chaque ville, mais quand même !) la fameuse mosquée Nasir-ol-Molk, plus connue en français sous le nom de mosquée Rose.

L’entrée ne paye pas de mine…
La cour intérieure

Si les espaces extérieurs sont déjà grandioses, c’est en rentrant dans la salle de prière elle-même que la magie opère vraiment : en effet, la facade de la mosquée est ornée de vitraux multicolores que le soleil levant vient frapper pour illuminer la salle de couleurs vives ! C’est vraiment exceptionnel ! On vous laisse admirer :




La Maison Qavam

Il s’agit d’une luxueuse résidence traditionelle persane, entourée d’un beau jardin agrémenté de palmiers et de fleurs dans lequel volent des sortes de perroquets bleus très surprenants ! La demeure est imposante, et bien que l’architectecture soit iranienne, la « déco » est… victorienne ! Très bizarre !


L’Imamzadeh-ye Ali Ebn-e Hamze

En sortant du jardin de la maison Qavam, nous décidons de nous rendre sur la tombe d’Hafèz, un célèbre poète iranien, le Victor Hugo local. En chemin nous apperçevons un dôme resplendissant ainsi qu’un minaret : nous décidons d’aller voir de plus près !

C’est ainsi que l’on a débarqué à l’Imamzadeh-ye Ali Ebn-e Hamze, il s’agit d’un mausolée qui renferme la tombe du neveu du 7ème Imam.

Rappelons que les Iraniens sont chiites, et qu’ils considèrent comme « saints » les 12 imams successeurs du prophète Mahomet, et par extension, les membres de leurs familles sont aussi l’objet d’une grande dévotion…

C’est donc dans un lieu saint que nous entrons, et quasi instatanémment, nous sommes « pris en charge » de façon un peu autoritaire par un guide officiel pour touristes non-musulmans qui nous « invite » à le suivre. Vincent n’aime pas trop son ton impératif, et Lola se voit obligée de revêtir un chador intégral (jusqu’aux pieds) et affreux qui plus est ! Il nous entraîne alors dans une salle spéciale pour touristes où il nous offre gracieusement le thé en nous expliquant pas mal de trucs sur le mausolée et sur l’islam en général. Si le premier contact a été assez spécial, ce guide est finalement plutôt sympa, et nous pouvons visiter l’intérieur.

L’Imamzadeh-ye Ali Ebn-e Hamze
Il a fallu plus de 10 ans juste pour mettre tous les mirroirs !

Le Jardin du Poète

Tu es comme le matin. Je suis la lampe qui brille,
Seule, à l’aube. Souris-moi, et je donnerai ma vie.
Tu es le deuil de mon cœur, pour les boucles de ta tête
Que ma tombe fleurira d’un tapis de violettes.
Je me tiens, les yeux ouverts, sur le seuil de ton désir.
Dans l’attente d’un regard, …mais, de moi, tu te retires.
Merci. Que Dieu te protège, ô cohorte de douleurs,
Car, lorsque je serai seul, tu resteras dans mon cœur!
De mes yeux je suis l’esclave, lorsque, malgré leur noirceur,
Le compte de mes chagrins leur fait verser mille pleurs.
Mon idole se dévoile aux regards de tout le monde,
Mais personne ne surprend tant de grâce, que moi seul.
Mon amour, comme le vent, quand tu passes sur ma tombe,
Dans ma fosse, de désir, je déchire mon linceul…

Hafez Shirazi – La lampe solitaire

En Iran, il n’est personne qui ne connaisse Hafez. C’est LE poète. Ses vers sont enseignés à l’école, ses poèmes sont mis en chansons, et tout le monde est capable d’en réciter des passages ! Hafez Shirazi est originaire de Shiraz comme son nom l’indique. Il y est aussi enterré. Son tombeau est au centre d’un beau et vaste jardin dans lequel des hauts parleurs sont installés et diffusent des lectures de ses oeuvres en continu. De nombreuses personnes viennent lui rendre hommage en effleurant sa tombe ou en récitant des poèmes.

Le tombeau d’Hafez

Le Mausolée de Shah Cheragh

Puis, à la nuit tombée, nous allons visiter un nouveau mausolée, celui des deux fils du 7ème Imam chiite. Un monument encore plus sacré et encore plus vaste que le précédent.

Endroit exceptionnel, mesures exceptionnelles ! Autrefois, les non-musulmans n’étaient pas autorisés à rentrer dans le sanctuaire. Aujourd’hui c’est possible mais sous conditions ! A l’entrée nous sommes priés d’attendre, Lola doit à nouveau porter un immense chador fleuri qui lui donne l’air de s’être enroulé dans un rideau de douche… Puis notre « guide » arrive. Il porte fièrement une écharpe façon Miss France où est inscrit « International Affairs ».

Il nous accompagnera dans le sanctuaire, en nous expliquant énormément de choses sur sa construction, sa destruction par un séisme puis sa restauration. Il ne sera pas non plus avare de détails sur sa foi et sur l’histoire du martyr des deux « saints » enterrés ici. Il était même plutôt drôle en fait ! Nous avons eu le droit de jeter un oeil à l’intérieur, mais pas plus !


Des espaces verts enchanteurs

Et pour finir notre visite, après nous être abreuvés de monuments majestueux et raffinés, nous ne résistons pas à l’envie de vous faire partager notre coup de coeur, ce qui restera pour nous l’image de notre passage à Shiraz : le rond point de l’entrée dans la ville et sa magnifique sculpture végétale !

Prochaine étape : Persepolis !

Épisode 20 – Le golfe persique

Plein sud !

Nous quittons le désert de Lut en quête de toujours plus de chaleur et avec la ferme intention de nous baigner dans la mer d’Arabie, ce bras de l’Océan Indien qui vient border les côtes iraniennes du golfe persique.

La route est longue, et les paysages désertiques, il n’y a pas grand chose à faire et nous faisons le trajet de Sirjan à Bandar-Abbas en une fois !

Il n’y a pas grand monde à part des routiers sur cette autouroute interminable. Puis, petit à petit, le sable laisse entrevoir quelques palmiers, puis des plantations entières de datiers, ça donne une ambiance encore plus désertique, c’est plutôt cool !

A sec !

Des iraniens nous avaient avertis de la difficulté pour faire le plein de gasoil sur l’île de Qeshm, où nous voulons nous rendre. Par conséquent, nous décidons de prendre le bateau qu’une fois le réservoir rempli à ras bord…

Oui mais voilà : en arrivant en vue de Bandar-Abbas, les stations sont pleines à craquer de camions qui font la queue jusque sur l’autoroute… Bizarre ! Nous en trouvons une à peine moins pleine que les autres et tentons notre chance. Les routiers nous disent que les cuves sont vides, que cela est fréquent dans la région, et que nous devons attendre que des camions citerne viennent réapprovisionner la station. Quand on leur demande quand cela arrivera, la réponse est simple : « Peut être dans 5 minutes, peut être dans une heure, ou peut être demain… »

La galère !

Nous décidons d’attendre un éventuel camion-citerne… Mais au bout de 4h, nous comprenons qu’il ne viendra peut être vraiment que demain. Les routiers sont à présent presque une centaine et ils se sont installés pour durer : tapis, réchauds pour le thé, coussins, et de nombreux pique-niques s’improvisent sur l’aire d’autoroute.

Ce ne serait pas la première fois que l’on dort dans une station-service, mais l’île de Qeshm est à portée de ferry et nous attend de pied ferme. Vincent part donc faire la tournée des routiers pour leur acheter un fond de réservoir…

L’attente sera beaucoup moins longue que prévue, et le succès est au rendez-vous : chacun veut aider en siphonnant son réservoir… Au final, nous devons prendre le gasoil de 2 routiers différents pour que tout le monde soit content ! Et surtout, après avoir lourdement insisté pour payer, ils n’en demordent pas : c’est cadeau !

Le plein le plus long et le moins cher jamais fait !

L’île de Qeshm

Avec notre arrêt au stand qui s’est un peu éternisé, nous arrivons à l’embarcadère au coucher du soleil. C’est une veille de week-end et l’Iran tout entier à décidé de le passer sur l’île en notre compagnie… La file d’attente du port est interminable, les paperasses pour les étrangers aussi… Bref, il est tard, nous sommes fatigués, mais on traverse !

Des 405, et nous !

Pour finir la nuit, nous nous rendons à Qeshm (ville), la capitale de cette grosse île de 1300 km². Nous tentons un hôtel, mais tout est plein. Nous passerons la nuit sur le parking, entre un restaurant de plage et un parc à l’iranienne en bord de plage. C’est très sympa, et aussi très bruyant, mais ça ira très bien 🙂

Le lendemain, nous rencontrons Farrad, un iranien passionné de culture et d’histoire de France (et aussi de Mireille Mathieu, mais c’est une autre histoire), puis c’est au tour de Jafar (oui, comme le méchant dans Aladdin) de venir nous voir, intrigué par notre véhicule. Jafar vient de faire le tour de l’île en vélo et nous indique quelques coins sympa. Une discussion très politique et aussi très intérressante s’installe rapidement, tous deux nous parlent des dirigeants corrompus, de la place trop importante de la religion dans l’état, du manque de démocratie et des aspirations de la jeunesse à changer les choses. Nous ne pouvons que les comprendre et leur assurer que même si l’échelle est différente, le problème est le même en France. Nous les remercions tous les deux pour leur gentillesse et nous nous mettons en route pour…

La vallée des étoiles !

Rien que ça… Nous suivons les panneaux marrons (qui en Iran indiquent soit des endroits touristiques, soit des complexes pétro-chimiques, on ne sait toujours pas pourquoi…) et nous arrivons dans la « Star’s Valley »

Nous comprenons très vite que tous les iraniens en week-end qui ont pris le bateau la veille avec nous ont eu la même idée : c’est bondé ! Mais c’est sympa quand même, il s’agit d’une vaste zone où l’érosion a dessiné des canyons et d’autres formations géologiques qui ont sans doute un nom dans la roche. C’est très joli.

La faune locale

A peine arrivés sur l’île, nous sommes prévenus :

Et en effet, les dromadaires sont omniprésents ici : isolés ou par troupeaux, petits ou grands, beiges ou marrons… Il y en a partout ! C’est très sympa au début puis assez vite pénible quand ils s’incrustent sur un bivouac à la recherche de nourriture !

Nous allons ensuite à « LA » plage de l’île : la plus longue, la plus belle, la plus touristique surtout ! Il s’agit d’une belle plage en effet, mais envahie d’iraniens du continent en week-end, qui se garent directement au bord de l’eau, et se baignent tout habillés, religion oblige. Il y a aussi des loueurs de quads, des vendeurs en tous genres, des baptèmes d’ULM… Bref c’est pas trop notre kif… Heureusement que nous croisons cette bonne vieille tête :

C’est une chamelle, nous l’appelons donc Coco…

Après les chameaux, en route pour voir… les dauphins !

Nous avons appris l’existence d’un petit port dont la spécialité est d’organiser des tours en bateau pour voir les dauphins qui sont apparemment nombreux dans le détroit d’Ormuz. Nous arrivons donc dans un petit bled où il n’y a que 3 bâtiments : la station service, la mosquée et la « gare » de départ des bateaux pour voir les dauphins.

Après avoir payé notre place pour un peu plus d’un euro, nous montons à bord d’une barque hors d’âge qui semble prête à s’effondrer !

Malgré tout, ce fut une expérience sympathique et notre capitaine d’un jour a rapidement déniché quelques dauphins que nous avons eu le plaisir de voir nager devant et autour du bateau.

En revanche, en photo, et même en vidéo ça rend pas top, désolé !

Notre frel esquif !
La meilleure photo de dauphin qu’on ait, désolé !

Puis le pilote frôle quelques récifs aux eaux claires et riches en poissons multicolores. (qui par contre ne sont pas méga-photogéniques…)

Si on regarde bien, il y a des tas de poissons !

Et il nous dépose sur l’ilôt d’Hengam, (où par le plus grand des hasard se trouvent des paillotes qui vendent des souvenirs affreux faits en coquillages)

La vallée des Statues !

Après une bonne baignade dans une eau magnifique et une bonne nuit de sommeil, nous nous réveillons bien décidés à poursuivre l’exploration de cette île vraiment charmante, lorsque nous surprenons un fennec qui rôde autour du camion !

Notre visiteur s’enfuit !

Direction la vallée des statues, un endroit égalemet sculpté par l’érosion et le temps. Plutôt impressionant et à part quelques camelidés, personne !

La terre à l’air bien sèche…

Nous continuons notre petite balade insulaire en direction du très réputé « Chakooh Canyon », une gorge naturelle creusée sur plusieurs centaines de mètres par l’eau lors des pluies violentes que peut connaître cette île.

Ce site est vraiment impressionnant !

Un point d’eau dans le village d’à côté nous a permis de faire une lessive plus que nécessaire… Nous nous installons en bord de mer pour faire sécher nos habits entre les 2 seuls arbres à des kilomètres : parfait !

Nous avons reçu des nouvelles des nos amis Amandine & Julien : ils ont enfin reçu leurs passeports avec leurs précieux visas pakistanais dessus ! Plus rien ne les retient donc à Téhéran… Ils en ont assez de cette ville, et surtout on leur manque beaucoup, ce que l’on peut comprendre… Ils décident donc de parcourir les 1400 kms qui séparent Téhéran de Qeshm. Nous sommes ravis pour eux, et surtout très content de les revoir bientôt tous les 4.

D’ailleurs, on vous recommande vivement d’aller jeter un oeil sur leur blog, non seulement parce qu’un récit croisé c’est encore mieux et plus complet, mais au moins pour voir leurs tronches 🙂

Histoire que nos amis aient un peu moins de route à faire, nous remontons au nord de l’île, vers le port d’arrivée du ferry qui arrive du continent.

Un monde à part

En attendant qu’ils nous rejoignent, faisons un petit topo sur Qeshm, qui est un monde à part dans le monde à part qu’est l’Iran.

Ici, la société est restée très conservatrice, les femmes portent toutes le Chador jusqu’aux pieds, et les seules que nous croisons habillées plus « cool » sont des iraniennes du continent en vacances. Il est facile de les différencier car ici les gens ont la peau bien plus foncée que dans le reste du pays, ainsi que des traits plus typiques du sous-continent indien.

Autre élèment particulier à Qeshm, le « Boregheh », une sorte de masque que portent les femmes sur le visage, cachant ainsi leur nez. Il s’agirait d’un ancient stratagème pour semer la confusion dans les rangs ennemis afin qu’ils ne discernent pas les hommes des femmes (vu que ça fait un peu moustache quand même !)

Nous n’avons pas vraiement osé demandé à ces femmes de les photographier, donc on vous a mis 2 photos trouvées sur le web, juste pour illustrer, désolé. D’ailleurs, on vous incite à lire cet excellent reportage de la BBC (en anglais) pour mieux comprendre les traditions locales.

© newsnation.in
© qantara.de

Les masques sont très différents d’une femme à l’autre, la majorité sont noirs ou cuivrés, mais certains sont très colorés. Les formes aussi diffèrent beaucoup. Toutes ces différences permettent de savoir si la femme est mariée ou non, et de quel village elle vient… C’est très spécial !

Un « lenj » : un bateau de pêche typique de l’île, construit et utilisé ici
Des Lenj à marée basse

Les panneaux nous avaient prévenus, il y a des dromadaires de partout, même et surtout sur la route ! Cela rend la conduite encore plus particulière ! A savoir qu’ici, il n’y a évidemment pas d’autoroutes et toutes les routes ne sont pas goudronnées… Par conséquent les 405 Peugeot ont laissé la place à des Pick-up Toyota ou aux fameuses camionettes bleues SAIPA (la marque nationale Iranienne)

Nous croisons aussi un site d’extraction de pétrole, équipé d’une torchère (ces immenses conduits d’où s’échappe et brûle le gaz naturel non utilisé, pour le plus grand malheur de la couche d’ozone…)

On retrouve les copains…

Et seulement 2 jours après être partis de Téhéran, à 2h du matin, nous sommes rejoints par le camping-car d’Amandine et Julien ! Nous sommes très heureux de les revoir ainsi que leurs gosses, Gaël et Pablo ! ( T’as la bise de Va-t’en, Pab ! )

Après une soirée de retrouvailles mémorable et un repos sommaire, nous allons nous poser en bord de mer, au calme pour profiter un peu de la baignade, et même faire un petit tour de kayak ! (pour une fois qu’il sert à quelque chose celui-là !)

Un bivouac au top !
Un petit tour jusqu’à la mangrove !

…et des invités surprise !

Le temps de préparer un bon repas et nous sommes rejoints par des invités surprise, pas très farouches, assez curieux et un peu sans gêne !

Un troupeau entier s’invite ! (6 sur la photo, cherchez bien !)
Les dromadaires sont intrigués par notre campement !

Puis subitement un orage démentiel éclate, soulevant tellement d’eau et de sable qu’il nous oblige à tout rentrer à la va-vite et même à lever le camp car les vagues deviennent vraiment énormes… Nous trouverons refuge sur le parking tout proche du Chakooh Canyon.

Oman ?

Nous passons quelques jours sur l’île avec nos copains, et nous envisageons de les suivre en Oman et aux Emirats pour profiter encore des chameaux, du sable, de la mer et du soleil…

Les garçons s’occupent d’essayer de trouver un bateau pour traverser la mer d’Arabie jusqu’à Dubaï (car il n’y a plus de laison Iran-Oman (merci Trump !)) Ils partent une journée entière en serrant les fesses alors que nous sommes tous malades du resto de la veille et que tout le monde se vide par tout les trous ! Une sacrée expédition !

Oui mais voilà, pour aller en Oman et aux Emirats, il faut posséder ce fameux carnet de passage que nous n’avons pas puisque nous avons opté pour une solution alternative pour l’Iran.

Nous entamons donc les démarches pour le faire en un temps record, nous mettons un peu la pression à l’Automobile Club (qui s’occupe de le délivrer) vu que notre visa expire dans une semaine… Si nous obtenons le CDP nous pouvons continuer tous ensemble, sinon il faudra soit faire très très vite pour remonter jusqu’à la frontière turque, soit faire prolonger le visa.

La situation est épineuse…

Nous obtenons le carnet de passage, mais plus personne ne livre en Iran (merci encore Trump !), impossible donc de l’obtenir… Fin de l’aventure Omanaise qui n’a même pas commencée pour nous ! C’est un revers, mais nous décidons de faire prolonger notre visa pour rester un mois de plus.

La grotte de Sel

Pendant que nos amis restent sur Qeshm Ville pour collecter des infos sur les bateaux avec des Allemands rencontrés en route, nous continuons donc d’explorer l’île…

Nous arrivons alors à Namakdan, la grotte de sel la plus grande du monde. C’est un immense réseau de grottes et de rivières souterraines de plusieurs kilomètres, dont seules quelques centaines de mètres sont accessibles au grand public. Le plafond, les murs et le sol et sont recouverts de sel ou de cristaux de sel… Il y a même une grotte « cachée » où un guide nous invite à aller ! Et pour ce faire, il faut ramper au sol et se faufiler dans une faille qui laisse juste passer les bourrelets formés par un excès de bonne cuisine iranienne ! A l’intérieur, des sculptures de sel, de couleurs variées sont formées et déformées par les pluies. Contrairement à une grotte « classique » qui a mis des millénaires à se façonner, l’aspect de cette grotte peut changer d’un jour à l’autre ! Fascinant !

Désolé pour la piètre qualité des photos, qui dans le noir total et sans trépied, ne traduisent rien de la beauté du site !

L’entrée de la grotte
Le passage vers la deuxième grotte !

Le temps des adieux !

Julien, Amandine ainsi que Mélanie et Robert (leurs amis allemands) nous rejoignent pour passer nos 2 dernières soirées communes… Julien et Vincent partent au village d’à côté pour ramener de quoi faire un barbecue. Bien qu’ils aient failli revenir avec une chèvre, ils ne rentrent qu’avec de la viande de kebab surgelée et des herbes de provences sans grand intérêt…

Photo volée ici : https://chats-perches.blog/

Puis nous reprenons un bateau pour retourner à Bandar-Abbas. Notre visa arrive à expiration dans 48 heures et nous n’avons pas spécialement envie de tester la garde à vue iranienne. C’est donc reparti pour des photocopies, des photos, l’attente aux bureau de l’immigration, un aller-retour à la banque pour payer, puis finalement nous avons nos prolongations ! Nous rempilons pour un mois dans ce pays qui nous à tellement séduits !

Nous allons ensuite honorer l’invitation à déjeuner d’Amir, le mec sympa qu’on avait sorti du sable dans le désert de Lut. Nous avions gardé contact depuis, il prenait régulièrment de nos nouvelles en insistant bien pour qu’en passant à Bandar-Abbas, nous allions manger chez lui ! C’est donc chose faite ! Amir, sa femme et toute sa famille nous ont reçus comme des rois, et nous avons mangé le meilleur repas depuis très longtemps ! C’était un vrai régal… Merci beaucoup Amir pour cette journée ! A la prochaine ! 😉

Puis après de vrais adieux à Amandine, Julien, Pablo et Gaël dans le port de Bandar-Abbas, nous reprenons la route du nord, car à partir de maintenant, nous ne nous éloignons plus de notre point de départ, la France, mais nous nous en rapprochons… En effet, pour nous après un peu plus de 3 mois de voyage, nous avons atteint le point le plus éloigné de notre parcours. 😥

C’est assez étrange de se dire que maintenant « nous rentrons »

La route du retour ?!

Sur le papier oui, en effet, chaque kilomètre nous rapproche du départ… Mais nous ne voyons pas les choses comme cela !! Il reste tellement de kilomètres à parcourir, nous avons encore un mois de visa tout neuf à exploiter et tellement d’endroits à explorer… Nous prévoyons donc de découvrir la belle Chiraz, de visiter l’antique cité de Persepolis, de flâner à Isfahan, pourquoi pas repasser à Téhéran, aller voir la mer Caspienne…

Moins pressés par le temps, nous nous remettons en route plus libres et détendus que jamais !

D’étranges huttes se dressent le long de la route…

Ca sent le gaz, non ?!

Puis, nous longeons un complexe pétro-chimique d’extraction de pétrole. Il s’agit d’un site immense qui s’étale en bord de mer de part et d’autre de l’autoroute sur plusieurs dizaines de kilomètres. C’est réellement gigantesque. C’est moche, c’est pollué, ça pue le gaz. Partout des panneaux interdisent de prendre des photos, et de jeter ses mégots par la fenêtres. D’énormes pipelines traversent l’autoroute, d’immenses torchères en feu nous entourent, c’est flippant…

Des torchères en feu

Nous dormirons plus loin, au bord de l’eau, avec une vue sur une torchère, sous le regard inquisiteur d’un mirador entouré de barbelés…

Une lueur dans la nuit !

Épisode 19 – Les Châteaux du Désert

Vers l’infini (et au delà !)

Pour nous rendre dans le Dasht-e Lut, nous délaissons la ville pour passer un col montagneux qui change radicalement le paysage une fois franchi. La température est déjà bien plus douce ici, et la végétation se fait rare. Nous rejoignons le village-oasis de Shadab avec ses hauts palmiers, puis nous nous enfonçons d’avantage dans le désert.

Ce désert est situé entre la ville de Kerman et la frontière afghane. Il s’agit d’un des points les plus chauds du globe : la température du sol y a déjà dépassé les 72° et celle de l’air dépasse régulièrement les 50° en été… Pour nous, il fera seulement 26, mais on apprécie en cette fin Novembre !

L’érosion des roches par le vent et le sable forme des structures géologiques appelés « Kaluts » en farsi, des promontoires rocheux majestueux qui hérissent le paysage lunaire autour de nous.

Les caravansérails se suivent…

Nous arrivons dans un premier caravansérail, abandonné depuis longtemps et surtout en très mauvais état…

…mais ne se ressemblent pas !

Cet immense caravansérail est en restauration

Un nouvel Ami(r)

Plus loin, au bord de la route, nous voyons un couple seul, à pied au milieu de nulle part. Derrière eux, au loin dans une dune, nous appreçevons leur voiture, visiblement enlisée dans la sable. Nous nous arrêtons pour les aider.

Après quelques efforts conjoints, nous arrivons à les sortir de ce pétrin sableux ! Nous venons de faire la conaissance d’Amir et de sa femme, qui reviennent d’un pélerinage à Mashaad. Ils nous remercient chaleureusement en nous offrant quelques douceurs achetées là-bas, puis en se quittant, ils nous invitent à passer chez eux quand nous serons à Bandar-Abbas. Ce que nous ne manquerons certainement pas de faire !

Une image vaut mille mots

Une fois n’est pas coutume, il n’y aura pas trop de blabla dans cet article, et pour vous laisser admirer les paysages spectaculaires du Dasht-e Lut, nous vous laissons dans le même silence qui y régnait !

Le sable, c’est bien, avec la mer, c’est mieux !

Après ces quelques jours dans le désert, nous quittons ces paysages extraordinaires à regret, mais ayant pris goût à la chaleur, nous décidons de descendre au sud, direction le golfe persique et la mer d’Arabie…

Épisode 18 – Meymand & Kerman, une étape crevante !

Encore un peu de Gruyère

Au sud-est de Yazd, et avant d’arriver à Kerman, à l’écart de la route, se situe le village troglodyte de Meymand. (oui, ça faisait longtemps !) Ce village est composé de plus de 350 maisons creusées dans la roche, des gravures rupestres vieilles de 10.000 ans et des poteries datant de 3000 ans avant notre ère en ont fait un site classé à l’Unesco.

Nous décidons donc de faire un crochet pour nous y rendre. Une fois quittée la route principale, la petite route de montagne devient vraiment charmante et nous emmène derrière les sommets où se cache le village.

C’est ainsi que nous arrivons dans ce village en théorie encore habité, mais relativement désert. Du fait de sa notoriété restreinte, de son éloignement de la route principale et de la basse saison hivernale, il n’y a quasiment personne. Nous croisons cependant un vieil homme que nous pensons être un des gardiens du site puisqu’il nous demande quelques billets pour entrer.

Le site est assez sympa, mais rien d’extraordinaire. Il faut dire qu’après la Cappadoce et Kandovan, nous éblouir avec des maisons troglodytes est devenu assez difficile.

Le village de Meymand

Nous croisons également un autre voyageur, un… Américain ! Qui nous dira d’abord qu’il est Hollandais car quelques villageois se trouvaient là, et il n’assume pas vraiment… Il faut dire que l’Iran et les USA ne sont pas les meilleurs amis du monde !

Un autre vieillard insiste également beaucoup pour nous vendre un dvd documentaire sur le village, en farsi bien sûr !

Nous ne nous attarderons pas ici, et nous reprenons la route de Kerman.

Un peu crevé, un peu naze…

Quelques kilomètres après avoir refait le plein non loin de Meymand, un bruit bizarre se fait entendre, puis soudain le pneu arrière gauche éclate ! Nous nous mettons sur le côté et regardons les dégats :

Ce qu’il reste du pneu (ici au garage)
La clé du mystère (!)

Vincent s’attaque au changement de la roue, quand deux iraniens en fourgonette bleue viennent nous prêter main forte même si nous tentons poliment de refuser leur aide. Cependant, le panier de la roue de secours refuse de descendre. Nos 2 nouveaux amis et Vincent se débattent avec le mécanisme qui ne veut pas fonctionner, et finissent par le démonter entièrement ! Résultat : un noyau de cerise était bloqué à l’intérieur.

Les hommes au travail !

La nuit est tombée et nous installons la table et quelques douceurs pour remercier ces deux samaritains de leur aide, mais ils ne comptent pas en rester là, et ils nous invitent à venir manger et dormir chez eux… Cela ne semble pas être du T’aarof, et nous acceptons leur proposition, mais seulement pour boire un thé et après nous repartirons… (ben tiens)


Le T’aarof

Petite parenthèse pour expliquer ce qu’est le T’aarof ! Il s’agit d’un ensemble de règles de politesse et de courtoisie qui s’applique régulièrement en Iran dans la vie de tous les jours et qui est assez difficile à cerner pour les occidentaux comme nous.

Concrètement, cela implique d’être très poli avec les gens que l’on rencontre, en particulier les étrangers, qui sont considérés ici comme des invités que l’on doit choyer. Par exemple, il est courant qu’un taxi ou un marchand refuse d’être payé en disant « You’re my guest ! » « No money », etc… Le problème, c’est qu’il ne s’agit que de politesse, il ne le pense pas vraiment, mais il doit le dire. C’est le T’aarof. Ce que vous devez faire en retour, c’est insister pour payer. Il va refuser à nouveau, vous insisterez encore, etc…
Il nous arrive souvent d’être invité à dormir ou à manger chez des gens que l’on ne connaît pas du tout, que l’on croise comme ça dans la rue. On refuse poliment, et la proposition tombe à l’eau, notre futur hôte éventuel fait mine d’être déçu et tout le monde est content… En général, les usages disent qu’au bout de la 3 ème fois que vous insistez, si la personne propose encore quelque chose, elle le pense vraiment, et ce n’est pas du T’aarof. Vous avez saisi ? 

Un traquenard amical

Nous suivons donc Behroz et son frère Hossein jusqu’à leur maison, dans la ville de Rafsanjan, près de Kerman. Nous sommes très bien accueillis, et le thé nous attend déjà. Ils ne parlent pas un mot d’anglais, mais avec Google Traduction, nous arrivons tant bien que mal à communiquer. Puis, heureux et fiers d’avoir des invités français, ils passent quelques coups de fil, et nous assistons au défilé de toute la famille proche et éloignée qui vient voir « les français » ! C’est sympa au début, un peu relou sur la fin…

C’est enfin l’heure du repas, et nous engloutissons ce que sa femme Zarah nous a préparé !

Behroz et Hossein

Behroz et son frère sont dans le commerce de la Pistache (paraît-il !) et ils nous en servent des quantités astronomiques, qu’ils ouvrent même pour nous, c’est sympa mais  assez gênant !

L’embryogénèse de la pistache ! (mot compte triple)

Avec toutes ces visites amicales, il est très tard, nous sommes crevés (ahah) et nous refusons une énième invitation à dormir chez eux en négociant tout de même de dormir dans la cour, dans le camion. Ce compromis semble contenter tout le monde !

Le lendemain, nous profitons d’avoir de nouveaux amis pour demander s’ils peuvent nous aider à racheter un pneu dans la ville. Nous partons donc tous ensemble, accompagnés du beau-père de Behroz chercher ce pneu, non sans avoir rendu visite à la belle famille cette fois-ci… Notre ami conduit à l’iranienne et se cale réguièrmeent de l’herbe non identifiée contre la gencive… C’est parfois flippant ! Cette simple course nous prendra toute la journée : après 5 garages et autres vendeurs de pneus, personne ici n’a la bonne dimension. Nous devons donc mettre des pneus légèrement plus gros, et pour éviter les risques, nous mettons donc 2 pneus (irano-coréens) neufs et de même taille à l’arrière !

Bref, ce fut une escale inattendue, parfois longue mais très enrichissante ! Merci beaucoup pour votre aide et votre hospitalité Behroz & Hossein ! 🙂

Kerman

Nous arrivons de nuit à Kerman, prochaine étape sur notre itinéraire, et dernière ville avant le désert de Lut où nous nous rendons. Nous optons pour un hôtel très classe, dans une maison traditionelle lui aussi, et surtout pas très cher ! Le repas est délicieux, un poulet sauce aux noix et aux grenades, un régal accompagné d’un groupe qui joue des chansons iraniennes avec des instruments traditionnels : un peu cliché mais agréable !

Lendemain, petite visite au bazar (évidemment), dans lequel se cache un vieux hammam dont nous aurions aimé profiter pour sa fonction première plutôt qu’en musée rempli de mannequins flippants !

Coupole dans le bazar
Un endroit parfait pour boire le thé !

Le hammam

C’est un endroit immense, avec plusieurs salles (et plusieurs ambiances !), où les iraniens avaient l’habitude de se retrouver pour se laver, se baigner, mais pas seulement : beaucoup d’échanges commerciaux étaient conclus grâce à une virée au hammam. Ce lieu fait partie intégrante de la culture persanne.

L’entrée du hammam se situe dans le bazar
La pièce centrale

La mosquée Malek

Nous passons par la mosquée Malek (mosquée du roi), qui même si elle n’égale pas la splendeur de celle de Yazd, n’en est pas moins belle !

Demain, nous mettrons le cap sur le Dasht-e Lut, le désert le plus chaud et le plus aride de la planète !