Épisode 9 – la Cappadoce, le gruyère turc

Péripéties mécaniques

Le 25 Septembre, nous quittons Istanbul et nous dirigeons vers Ankara. Quelques centaines de kilomètres plus loin, un bruit étrange… et surtout, plus aucune accéleration, surtout dans les montées, nous finissons les côtes à 40kms/h, effrayés de ne jamais pouvoir arriver en haut tant la perte de vitesse est flagrante ! Il nous faut trouver un garage, qui plus est équipé d’une « valise » pour décrypter le souci. Nous trouvons un gros garage Mercedes pour poids lourds. On nous regarde l’air surpris, nous demandons (merci le traducteur sur le téléphone !) s’il est possible d’examiner notre monture.

Nous sommes chaleureusement accueillis avec du çai (thé), on nous fait une vidange de l’huile moteur (il y en avait en effet un peu trop avant le départ) avant de nous dire que ça y est, tout est bon ! On repart et là, et quelques kilomètres plus loin, c’est le drame. Une colline à monter, mais nous n’y parvenons pas, le problème persiste… Demi-tour !

Notre mécano attitré enlève à nouveau un peu d’huile, et nous pousse à repartir. Mais ça ne va pas mieux ! Retour, à nouveau, au garage. En nous voyant revenir, l’équipe est bien surprise, surtout ultra motivée pour trouver d’où vient ce fichu problème. Nous avons toute une assemblée penchée au dessus du moteur. Enfin, venant confirmer l’hypothèse de Thierry, un ami mécano de Vincent, ils tombent sur une durite de turbo éventrée. Or, il est 18h30, le garage ferme, ils n’ont pas la pièce. Ils nous autorisent à dormir devant le garage, après nous avoir proposé un repas chez l’un d’eux, que nous déclinons.

Lola est tourjours aussi malade (un énorme rhume en fait), en est à sa 5Oème inhalation de la journée, nous mangeons une souple pleine de grumeaux, il pleut… bref, une journée pourrie !

A 8h30 le lendemain matin, la patronne arrive, la pièce manquante à la main. L’équipe est à nouveau à fond sur le moteur, le tuyau est changé, cette fois c’est la bonne ! Nous offrons des baklavas à cette équipe dévouée à notre cause, avant de reprendre la route. Cependant, à peine partis nous remarquons qu’il est encore impossible d’accélérer normalement, et surtout, le voyant moteur vient de s’allumer ! enième demi-tour vers le gagrage.

Les mécanos sont à nouveau étonnés de nous voir revenir, nous sommes désespérés. Après quelques bidouilles, nous faisons un essai qui s’annonce concluant, et repartons. Nous arrivons enfin à passer la côte quelques kilomètres plus loin. Le problème réapparaîtra cependant un peu plus tard, et après des recherches internet Vincent fait l’hypothèse que la vanne EGR doit être trop encrassée. Affaire à suivre…

Nuit au pays des ours

Fatigués de nos 2 jours au garage, du super rhume de Lola, de la mauvaise nuit de Vincent, il est temps de faire une pause. Nous trouvons un parc national où sont aménagés des tables (à profusion), des salles de prières… Il y fait si calme, et si froid ! (7°C à 17H).

Ici les camions ne lésinent pas sur la quatité de marchandise !

Arrivée en Cappadoce : Uçhisar

Après une bonne matinée de route, nous arrivons le 27 Septembre dans la belle région de la Cappadoce. Très connue pour ses habitations Troglodytes ! Lola va mieux, mais c’est au tour de Vincent de se sentir malade, un peu fiévreux. Nous passons l’après-midi à Uçhisar, un ancien village troglodyte, surmonté d’un « château » à l’intérieur duquel nous nous faufilons pour accéder au sommet. La vue est très belle ! Nous sommes enchantés par les paysages et ces petites maisons à même la roche, en partie éboulées ou détruites par l’érosion. Nous prenons un « çai » en terrasse, avec vue sur la valleée.

Le « chateau » d’Uçhisar

Nous nous sommes installés dans un camping pour la nuit, l’occasion de faire une lessive. La nuit fût rude pour Vincent, en proie à une grande fièvre !

Vu notre état de fatigue et notre pile de linge sale, un arrêt au camping s’impose !

Au pays des Mongolfières : Göreme

Au lever du jour, nous assistons au décollage d’une centaine de mongolfières (pour les touristes), donnant au paysage un aspect féérique.

La vue au réveil

Vincent a passé la matinée à nettoyer la fameuse vanne EGR entre 2 aller-retour aux toilettes, tandis que Lola est partie se promener dans la merveilleuse vallée, avec son canyon, ses maisons cachées dans la roche et ses vignes…

En fin d’après-midi, nous descendons en stop à Goreme pour y manger. C’est une petite ville très touristique mais pleine de charme grâce aux maisons troglodytes ici et là. Nous goûtons la Pide, sorte de pizza, avec en entrée un tzatsiki géant et une çorba (soupe). Retour en taxi, Vincent étant épuisé sa fièvre de la veille !

Rock the Casba !

Les maisons troglodytes (creusées dans la pierre) sont très nombreuses dans la région, certaines plus touristiques, d’autres à l’abandon, au détour d’un sentier… Certaines sont converties en hôtels luxueux, d’autres sont encore habitées.

Voici un florilège de quelques unes de ces jolies maisons !

Un Gruyère géant !

Les habitants de la région n’ont pas simplement construit leurs habitations dans le Tuf rose et tendre, ils y ont aussi creusé des monastères, et des hôpitaux !

Nous nous rendons sur le site de l’un deux, un hôpital troglodyte. A l’entrée, au milieu de nulle part et sans aucun touriste en vue, un vendeur de jus nous offre un délicieux jus de grenade fraîchement pressé, trop content de tromper son ennui. Il nous informe que cet hôpital et le monastère qui le jouxte ont plus de 1800 ans !

L’accueil des Urgences…

Les Bunkers antiques

On trouve aussi parfois des villages soutterains entiers, devant servir de refuge en cas d’invasion, avec des tunnels d’aération, des conduits pour communiquer, des puits de lumière, des cheminées… Certains peuvent accueillir près de 30 000 personnes ! Plus de 200 villages de ce types sont repertoriés en Cappadoce, et il en reste encore sans doute beaucoup d’enfouis en attendant d’être découverts…

Pendant que les intestins de Vincent continuent de se vider dans les toilettes du Camping, Lola part donc visiter la cité souterraine d’Özkonak. 

Les cheminées de fées

Les fameuses…

Soignant-Soigné

Le 30 Septembre, après plus de 5 jours de diarrées diluviennes puis hémorragiques (miam !), assorti de fièvre parfois à 39,5° Vincent se décide à contacter l’assistance de l’assurance voyage que nous avons souscrite. Nous sommes envoyés sur le « C.H.U. » de Kayseri, une grande ville plus à l’est.

Nous quittons donc la Cappadoce rurale et enfouie pour une grosse ville bien polluée ! L’attente à l’hôpital fût brève, le diagnostic aussi : Turista. Sans doute attrapée en buvant de l’eau ou en mageant des fruits lavés à l’eau. Apparement assez courant chez les occidentaux à la flore intestinale pauvre comparée à la profusion de germes présents ici.

Quelques perfusions de réhydration et d’antibiotiques plus tard, Vincent ressort du CHU avec une ordonnance et une meilleure mine. Il est tard, nous dormirons sur le parking du CHU, pas le meilleur spot du monde…

Le lendemain soir en revanche, pour se remettre complétement de nos émotions, nour dormirons à l’hôtel !

Les grands espaces

Après cette halte hospitalière puis hôtelière, nous reprenons la route de l’est, en traversant le grand vide turc : de vastes plaines désertiques entrecoupées de montagnes majestueuses et parsemées de lacs. Le tout sur des autouroutes gratuites et parfaitement entretenues, bref un régal !

Il n’y a pas grand monde sur ces routes, si ce n’est des chiens errants et des tas de camions. Nous croisons aussi souvent la police, surtout les policiers en carton…

Une fausse voiture de police, mais parfois équpée d’un vrai radar !

A bientôt la Turquie !

Le 3 Octobre, après plusieurs jours à parcourir les vastes étendues vides de l’est turc, entre 1500 et 2500 mètres d’altitude, nous approchons à présent de la frontière Géorgienne, près de la ville de Vale.

Quelques dizaines de kilomètres avant d’arriver, nous sommes contrôlés par des militaires peu avenants mais très bien armés, les turcs ne plaisantent décidemment pas avec leurs frontières.

Le poste de douane en revanche est désert, et semble désaffecté, le passage est assez rapide, et les douaniers Géorgiens sont adorables, nous avons hâte de découvrir ce nouveau pays, même si la Turquie nous manque déjà !

Derrière ces montagnes, la Géorgie !

Une réflexion sur « Épisode 9 – la Cappadoce, le gruyère turc »

  1. Je suis encore en retard mais j’arrive,je vois que je vous rejoints bientôt! Me voilà ce soir en Cappadoce et ce Gruyère turc comme vous le nommez j’adore!Que c’est beau! Et la photo des Cheminées de Fées magnifique…Vous êtes de vrais aventuriers !
    Oh la la pauvre Vincent cet épisode n’a pas du être des plus facile à vivre…J’espère qu’à l’heure qu’il est il va mieux…
    J’aime bien votre petit campement avec le petit camion!
    Merci du partage et à tout vite…
    Bises du soir ici…

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