Épisode 18 – Meymand & Kerman, une étape crevante !

Encore un peu de Gruyère

Au sud-est de Yazd, et avant d’arriver à Kerman, à l’écart de la route, se situe le village troglodyte de Meymand. (oui, ça faisait longtemps !) Ce village est composé de plus de 350 maisons creusées dans la roche, des gravures rupestres vieilles de 10.000 ans et des poteries datant de 3000 ans avant notre ère en ont fait un site classé à l’Unesco.

Nous décidons donc de faire un crochet pour nous y rendre. Une fois quittée la route principale, la petite route de montagne devient vraiment charmante et nous emmène derrière les sommets où se cache le village.

C’est ainsi que nous arrivons dans ce village en théorie encore habité, mais relativement désert. Du fait de sa notoriété restreinte, de son éloignement de la route principale et de la basse saison hivernale, il n’y a quasiment personne. Nous croisons cependant un vieil homme que nous pensons être un des gardiens du site puisqu’il nous demande quelques billets pour entrer.

Le site est assez sympa, mais rien d’extraordinaire. Il faut dire qu’après la Cappadoce et Kandovan, nous éblouir avec des maisons troglodytes est devenu assez difficile.

Le village de Meymand

Nous croisons également un autre voyageur, un… Américain ! Qui nous dira d’abord qu’il est Hollandais car quelques villageois se trouvaient là, et il n’assume pas vraiment… Il faut dire que l’Iran et les USA ne sont pas les meilleurs amis du monde !

Un autre vieillard insiste également beaucoup pour nous vendre un dvd documentaire sur le village, en farsi bien sûr !

Nous ne nous attarderons pas ici, et nous reprenons la route de Kerman.

Un peu crevé, un peu naze…

Quelques kilomètres après avoir refait le plein non loin de Meymand, un bruit bizarre se fait entendre, puis soudain le pneu arrière gauche éclate ! Nous nous mettons sur le côté et regardons les dégats :

Ce qu’il reste du pneu (ici au garage)
La clé du mystère (!)

Vincent s’attaque au changement de la roue, quand deux iraniens en fourgonette bleue viennent nous prêter main forte même si nous tentons poliment de refuser leur aide. Cependant, le panier de la roue de secours refuse de descendre. Nos 2 nouveaux amis et Vincent se débattent avec le mécanisme qui ne veut pas fonctionner, et finissent par le démonter entièrement ! Résultat : un noyau de cerise était bloqué à l’intérieur.

Les hommes au travail !

La nuit est tombée et nous installons la table et quelques douceurs pour remercier ces deux samaritains de leur aide, mais ils ne comptent pas en rester là, et ils nous invitent à venir manger et dormir chez eux… Cela ne semble pas être du T’aarof, et nous acceptons leur proposition, mais seulement pour boire un thé et après nous repartirons… (ben tiens)


Le T’aarof

Petite parenthèse pour expliquer ce qu’est le T’aarof ! Il s’agit d’un ensemble de règles de politesse et de courtoisie qui s’applique régulièrement en Iran dans la vie de tous les jours et qui est assez difficile à cerner pour les occidentaux comme nous.

Concrètement, cela implique d’être très poli avec les gens que l’on rencontre, en particulier les étrangers, qui sont considérés ici comme des invités que l’on doit choyer. Par exemple, il est courant qu’un taxi ou un marchand refuse d’être payé en disant « You’re my guest ! » « No money », etc… Le problème, c’est qu’il ne s’agit que de politesse, il ne le pense pas vraiment, mais il doit le dire. C’est le T’aarof. Ce que vous devez faire en retour, c’est insister pour payer. Il va refuser à nouveau, vous insisterez encore, etc…
Il nous arrive souvent d’être invité à dormir ou à manger chez des gens que l’on ne connaît pas du tout, que l’on croise comme ça dans la rue. On refuse poliment, et la proposition tombe à l’eau, notre futur hôte éventuel fait mine d’être déçu et tout le monde est content… En général, les usages disent qu’au bout de la 3 ème fois que vous insistez, si la personne propose encore quelque chose, elle le pense vraiment, et ce n’est pas du T’aarof. Vous avez saisi ? 

Un traquenard amical

Nous suivons donc Behroz et son frère Hossein jusqu’à leur maison, dans la ville de Rafsanjan, près de Kerman. Nous sommes très bien accueillis, et le thé nous attend déjà. Ils ne parlent pas un mot d’anglais, mais avec Google Traduction, nous arrivons tant bien que mal à communiquer. Puis, heureux et fiers d’avoir des invités français, ils passent quelques coups de fil, et nous assistons au défilé de toute la famille proche et éloignée qui vient voir « les français » ! C’est sympa au début, un peu relou sur la fin…

C’est enfin l’heure du repas, et nous engloutissons ce que sa femme Zarah nous a préparé !

Behroz et Hossein

Behroz et son frère sont dans le commerce de la Pistache (paraît-il !) et ils nous en servent des quantités astronomiques, qu’ils ouvrent même pour nous, c’est sympa mais  assez gênant !

L’embryogénèse de la pistache ! (mot compte triple)

Avec toutes ces visites amicales, il est très tard, nous sommes crevés (ahah) et nous refusons une énième invitation à dormir chez eux en négociant tout de même de dormir dans la cour, dans le camion. Ce compromis semble contenter tout le monde !

Le lendemain, nous profitons d’avoir de nouveaux amis pour demander s’ils peuvent nous aider à racheter un pneu dans la ville. Nous partons donc tous ensemble, accompagnés du beau-père de Behroz chercher ce pneu, non sans avoir rendu visite à la belle famille cette fois-ci… Notre ami conduit à l’iranienne et se cale réguièrmeent de l’herbe non identifiée contre la gencive… C’est parfois flippant ! Cette simple course nous prendra toute la journée : après 5 garages et autres vendeurs de pneus, personne ici n’a la bonne dimension. Nous devons donc mettre des pneus légèrement plus gros, et pour éviter les risques, nous mettons donc 2 pneus (irano-coréens) neufs et de même taille à l’arrière !

Bref, ce fut une escale inattendue, parfois longue mais très enrichissante ! Merci beaucoup pour votre aide et votre hospitalité Behroz & Hossein ! 🙂

Kerman

Nous arrivons de nuit à Kerman, prochaine étape sur notre itinéraire, et dernière ville avant le désert de Lut où nous nous rendons. Nous optons pour un hôtel très classe, dans une maison traditionelle lui aussi, et surtout pas très cher ! Le repas est délicieux, un poulet sauce aux noix et aux grenades, un régal accompagné d’un groupe qui joue des chansons iraniennes avec des instruments traditionnels : un peu cliché mais agréable !

Lendemain, petite visite au bazar (évidemment), dans lequel se cache un vieux hammam dont nous aurions aimé profiter pour sa fonction première plutôt qu’en musée rempli de mannequins flippants !

Coupole dans le bazar
Un endroit parfait pour boire le thé !

Le hammam

C’est un endroit immense, avec plusieurs salles (et plusieurs ambiances !), où les iraniens avaient l’habitude de se retrouver pour se laver, se baigner, mais pas seulement : beaucoup d’échanges commerciaux étaient conclus grâce à une virée au hammam. Ce lieu fait partie intégrante de la culture persanne.

L’entrée du hammam se situe dans le bazar
La pièce centrale

La mosquée Malek

Nous passons par la mosquée Malek (mosquée du roi), qui même si elle n’égale pas la splendeur de celle de Yazd, n’en est pas moins belle !

Demain, nous mettrons le cap sur le Dasht-e Lut, le désert le plus chaud et le plus aride de la planète !

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