Épisode 19 – Les Châteaux du Désert

Vers l’infini (et au delà !)

Pour nous rendre dans le Dasht-e Lut, nous délaissons la ville pour passer un col montagneux qui change radicalement le paysage une fois franchi. La température est déjà bien plus douce ici, et la végétation se fait rare. Nous rejoignons le village-oasis de Shadab avec ses hauts palmiers, puis nous nous enfonçons d’avantage dans le désert.

Ce désert est situé entre la ville de Kerman et la frontière afghane. Il s’agit d’un des points les plus chauds du globe : la température du sol y a déjà dépassé les 72° et celle de l’air dépasse régulièrement les 50° en été… Pour nous, il fera seulement 26, mais on apprécie en cette fin Novembre !

L’érosion des roches par le vent et le sable forme des structures géologiques appelés « Kaluts » en farsi, des promontoires rocheux majestueux qui hérissent le paysage lunaire autour de nous.

Les caravansérails se suivent…

Nous arrivons dans un premier caravansérail, abandonné depuis longtemps et surtout en très mauvais état…

…mais ne se ressemblent pas !

Cet immense caravansérail est en restauration

Un nouvel Ami(r)

Plus loin, au bord de la route, nous voyons un couple seul, à pied au milieu de nulle part. Derrière eux, au loin dans une dune, nous appreçevons leur voiture, visiblement enlisée dans la sable. Nous nous arrêtons pour les aider.

Après quelques efforts conjoints, nous arrivons à les sortir de ce pétrin sableux ! Nous venons de faire la conaissance d’Amir et de sa femme, qui reviennent d’un pélerinage à Mashaad. Ils nous remercient chaleureusement en nous offrant quelques douceurs achetées là-bas, puis en se quittant, ils nous invitent à passer chez eux quand nous serons à Bandar-Abbas. Ce que nous ne manquerons certainement pas de faire !

Une image vaut mille mots

Une fois n’est pas coutume, il n’y aura pas trop de blabla dans cet article, et pour vous laisser admirer les paysages spectaculaires du Dasht-e Lut, nous vous laissons dans le même silence qui y régnait !

Le sable, c’est bien, avec la mer, c’est mieux !

Après ces quelques jours dans le désert, nous quittons ces paysages extraordinaires à regret, mais ayant pris goût à la chaleur, nous décidons de descendre au sud, direction le golfe persique et la mer d’Arabie…

Épisode 18 – Meymand & Kerman, une étape crevante !

Encore un peu de Gruyère

Au sud-est de Yazd, et avant d’arriver à Kerman, à l’écart de la route, se situe le village troglodyte de Meymand. (oui, ça faisait longtemps !) Ce village est composé de plus de 350 maisons creusées dans la roche, des gravures rupestres vieilles de 10.000 ans et des poteries datant de 3000 ans avant notre ère en ont fait un site classé à l’Unesco.

Nous décidons donc de faire un crochet pour nous y rendre. Une fois quittée la route principale, la petite route de montagne devient vraiment charmante et nous emmène derrière les sommets où se cache le village.

C’est ainsi que nous arrivons dans ce village en théorie encore habité, mais relativement désert. Du fait de sa notoriété restreinte, de son éloignement de la route principale et de la basse saison hivernale, il n’y a quasiment personne. Nous croisons cependant un vieil homme que nous pensons être un des gardiens du site puisqu’il nous demande quelques billets pour entrer.

Le site est assez sympa, mais rien d’extraordinaire. Il faut dire qu’après la Cappadoce et Kandovan, nous éblouir avec des maisons troglodytes est devenu assez difficile.

Le village de Meymand

Nous croisons également un autre voyageur, un… Américain ! Qui nous dira d’abord qu’il est Hollandais car quelques villageois se trouvaient là, et il n’assume pas vraiment… Il faut dire que l’Iran et les USA ne sont pas les meilleurs amis du monde !

Un autre vieillard insiste également beaucoup pour nous vendre un dvd documentaire sur le village, en farsi bien sûr !

Nous ne nous attarderons pas ici, et nous reprenons la route de Kerman.

Un peu crevé, un peu naze…

Quelques kilomètres après avoir refait le plein non loin de Meymand, un bruit bizarre se fait entendre, puis soudain le pneu arrière gauche éclate ! Nous nous mettons sur le côté et regardons les dégats :

Ce qu’il reste du pneu (ici au garage)
La clé du mystère (!)

Vincent s’attaque au changement de la roue, quand deux iraniens en fourgonette bleue viennent nous prêter main forte même si nous tentons poliment de refuser leur aide. Cependant, le panier de la roue de secours refuse de descendre. Nos 2 nouveaux amis et Vincent se débattent avec le mécanisme qui ne veut pas fonctionner, et finissent par le démonter entièrement ! Résultat : un noyau de cerise était bloqué à l’intérieur.

Les hommes au travail !

La nuit est tombée et nous installons la table et quelques douceurs pour remercier ces deux samaritains de leur aide, mais ils ne comptent pas en rester là, et ils nous invitent à venir manger et dormir chez eux… Cela ne semble pas être du T’aarof, et nous acceptons leur proposition, mais seulement pour boire un thé et après nous repartirons… (ben tiens)


Le T’aarof

Petite parenthèse pour expliquer ce qu’est le T’aarof ! Il s’agit d’un ensemble de règles de politesse et de courtoisie qui s’applique régulièrement en Iran dans la vie de tous les jours et qui est assez difficile à cerner pour les occidentaux comme nous.

Concrètement, cela implique d’être très poli avec les gens que l’on rencontre, en particulier les étrangers, qui sont considérés ici comme des invités que l’on doit choyer. Par exemple, il est courant qu’un taxi ou un marchand refuse d’être payé en disant « You’re my guest ! » « No money », etc… Le problème, c’est qu’il ne s’agit que de politesse, il ne le pense pas vraiment, mais il doit le dire. C’est le T’aarof. Ce que vous devez faire en retour, c’est insister pour payer. Il va refuser à nouveau, vous insisterez encore, etc…
Il nous arrive souvent d’être invité à dormir ou à manger chez des gens que l’on ne connaît pas du tout, que l’on croise comme ça dans la rue. On refuse poliment, et la proposition tombe à l’eau, notre futur hôte éventuel fait mine d’être déçu et tout le monde est content… En général, les usages disent qu’au bout de la 3 ème fois que vous insistez, si la personne propose encore quelque chose, elle le pense vraiment, et ce n’est pas du T’aarof. Vous avez saisi ? 

Un traquenard amical

Nous suivons donc Behroz et son frère Hossein jusqu’à leur maison, dans la ville de Rafsanjan, près de Kerman. Nous sommes très bien accueillis, et le thé nous attend déjà. Ils ne parlent pas un mot d’anglais, mais avec Google Traduction, nous arrivons tant bien que mal à communiquer. Puis, heureux et fiers d’avoir des invités français, ils passent quelques coups de fil, et nous assistons au défilé de toute la famille proche et éloignée qui vient voir « les français » ! C’est sympa au début, un peu relou sur la fin…

C’est enfin l’heure du repas, et nous engloutissons ce que sa femme Zarah nous a préparé !

Behroz et Hossein

Behroz et son frère sont dans le commerce de la Pistache (paraît-il !) et ils nous en servent des quantités astronomiques, qu’ils ouvrent même pour nous, c’est sympa mais  assez gênant !

L’embryogénèse de la pistache ! (mot compte triple)

Avec toutes ces visites amicales, il est très tard, nous sommes crevés (ahah) et nous refusons une énième invitation à dormir chez eux en négociant tout de même de dormir dans la cour, dans le camion. Ce compromis semble contenter tout le monde !

Le lendemain, nous profitons d’avoir de nouveaux amis pour demander s’ils peuvent nous aider à racheter un pneu dans la ville. Nous partons donc tous ensemble, accompagnés du beau-père de Behroz chercher ce pneu, non sans avoir rendu visite à la belle famille cette fois-ci… Notre ami conduit à l’iranienne et se cale réguièrmeent de l’herbe non identifiée contre la gencive… C’est parfois flippant ! Cette simple course nous prendra toute la journée : après 5 garages et autres vendeurs de pneus, personne ici n’a la bonne dimension. Nous devons donc mettre des pneus légèrement plus gros, et pour éviter les risques, nous mettons donc 2 pneus (irano-coréens) neufs et de même taille à l’arrière !

Bref, ce fut une escale inattendue, parfois longue mais très enrichissante ! Merci beaucoup pour votre aide et votre hospitalité Behroz & Hossein ! 🙂

Kerman

Nous arrivons de nuit à Kerman, prochaine étape sur notre itinéraire, et dernière ville avant le désert de Lut où nous nous rendons. Nous optons pour un hôtel très classe, dans une maison traditionelle lui aussi, et surtout pas très cher ! Le repas est délicieux, un poulet sauce aux noix et aux grenades, un régal accompagné d’un groupe qui joue des chansons iraniennes avec des instruments traditionnels : un peu cliché mais agréable !

Lendemain, petite visite au bazar (évidemment), dans lequel se cache un vieux hammam dont nous aurions aimé profiter pour sa fonction première plutôt qu’en musée rempli de mannequins flippants !

Coupole dans le bazar
Un endroit parfait pour boire le thé !

Le hammam

C’est un endroit immense, avec plusieurs salles (et plusieurs ambiances !), où les iraniens avaient l’habitude de se retrouver pour se laver, se baigner, mais pas seulement : beaucoup d’échanges commerciaux étaient conclus grâce à une virée au hammam. Ce lieu fait partie intégrante de la culture persanne.

L’entrée du hammam se situe dans le bazar
La pièce centrale

La mosquée Malek

Nous passons par la mosquée Malek (mosquée du roi), qui même si elle n’égale pas la splendeur de celle de Yazd, n’en est pas moins belle !

Demain, nous mettrons le cap sur le Dasht-e Lut, le désert le plus chaud et le plus aride de la planète !

Épisode 17 – Yazd, ville de sable et de vent

Une cité millénaire

En ce 15 Novembre au matin, le temps est maussade, et il fait presque froid. C’est l’heure des adieux. Nous quittons nos compatriotes : Emmanuelle & Sylvain prennent la route du retour, un peu gênés par l’hospitalité parfois envahissante des iraniens, alors que Amandine & Julien retournent à Teheran attendre leurs visas pakistanais. Quant à nous, nous prenons la route de Yazd. Située entre 2 déserts (celui de Kavir et celui de Lut), la ville de Yazd est l’une des plus anciennes de la planète, elle serait habitée depuis plus de 5000 ans (et ouais…), et ce sera pour nous l’un de nos coups de coeur en Iran, et voici pourquoi…

Envie de pisé

Dans la vieille ville, la plupart des bâtiments sont en argile, en pisé ou en briques. Ce camaïeu de tons ocres donne aux étroites ruelles un charme particulier…

Un dédale de ruelles où il fait bon se perdre
Les minarets dépassant des toits aident à se repérer !

Les tours du vent

L’hiver, ça va, mais le reste de l’année il fait chaud à Yazd, même très chaud. Pour essayer de rafraîchir un peu les (magnifiques) maisons, les ingénieux iraniens ont inventé les bâdgirs, en français « tours du vent. » Il s’agit de climatiseurs naturels qui en utilisant le principe de la convection, évacuent l’air chaud et captent la moindre brise pour ventiler les pièces de la maison. Ces structures sont caractéristiques des villes chaudes d’Iran et particulièrement de Yazd.

Les bâdgir depuis les toits de la ville

Ces systèmes de climatisation sont si efficaces, qu’ils sont toujours utilisés dans la construction moderne. A l’heure du réchauffement climatique et du développement durable, voilà une alternative simple, élégante et écolo au climatiseur moche, bruyant et glouton en énergie !

De plus, la ville est parsemée de « glacières » (oui oui) qui, équipées de bâdgir, permettent de stocker de la glace accumulée durant l’hiver, pendant toute l’année, y compris sous les températures extrêmes de l’été ! Surprenant !

Une glacière et ses tours du vent

Pour fournir la population en eau alors qu’il ne pleut parfois pas pendant des mois, la ville est dotée de toute une infrastucture souterraine : les Qanats. Ce sont des canaux qui acheminent l’eau depuis les sources des montagnes (parfois à plusieurs centaines de kms) jusqu’à la ville, et passent sous les maisons. On y accède par des escaliers ou par un puits.

Toutes ces merveilles d’ingénierie font de Yazd une ville à part, et une véritable oasis dans le désert !

T’as du feu ? 

Notre visite de Yazd se poursuit par un temple du feu Zoroastrien. Il faut savoir que le Zoroastrisme est l’ancienne religion de la Perse, avant sa conversion à l’Islam. C’est une religion très ancienne, dont les 3 principes fondateurs sont de : Bien penser, bien parler, bien agir. Ils vénèrent également les 4 éléments : l’air, la terre, l’eau et le feu. Ce dernier tout particulièrement est l’objet d’un culte particulier dans la perse antique : étant conscients de l’importance du feu pour se chauffer, se nourrir, et forger des armes, les zorostriens édifiaient des temples où un brasier brûlait continuellement, surveillé et alimenté si besoin par des prêtres, pour que la flamme ne s’éteigne jamais.

Nous nous rendons donc dans un temple du feu maintes fois reconstruit et restauré, à tel point qu’il ressemble plus à un bureau de poste qu’à un truc authentique. Malgré cela, le guide du monument nous assure que le feu y brûle sans interruption depuis plus de 1500 ans…

Temple du feu Atashkadeh-e Yazd, au dessus, le symbole Zoroastrien
Il faut bien conserver la flamme !

Ne jamais dire Jameh

En Iran, presque chaque ville possède une mosquée nommée « Jameh », ce qui signifie Vendredi. Il s’agit donc de la Mosquée du Vendredi, le jour du prêche, c’est un peu comme si la plupart de nos églises s’appelaient « L’église du Dimanche. »

Bref, c’est pas super pratique pour se repérer !

Nous continuons donc d’arpenter le centre ancien dans un labyrinthe de ruelles, quand soudain nous apperçevons les deux minarets de la célèbre mosquée millénaire de Jameh, éblouissante de bleue parmi tout cet ocre.

C’est par là !
« Vous êtes arrivés »

Nous avons vu presque autant de mosquées en Iran que d’églises en Arménie. Celle-ci est quand même impressionante et ses 2 minarets de 48 mètres ne nous laissent pas indifférents. La richesse des calligraphies et des mosaïques non plus. En voici des détails :

La cour intérieure
Même la porte de derrière est jolie 🙂

L’inconvénient d’avoir une telle mosquée dans une ville, c’est que quand tu passes devant une « petite » mosquée, et bien ça t’impressionne même pas ! Résultat, personne ne s’arrête, et pas un touriste pour la prendre en photo ! Pour réparer cette injustice, voici donc devant vos yeux ébahis, la magnifique mosquée machin, vers le bazar :

Tout de suite, c’est moins imposant ! (mais bon c’est quand même pas mal ^^)


Le complexe Amir Chaghmagh

Autre monument réputé de la ville, cet édifice est un truc dont on a pas tout compris à quoi il servait ! Désolé ! On essaye de se renseigner, de s’intéresser et de se cultiver, mais des fois, et bien ça ne rentre pas ! Donc wikipédia nous dit qu’il s’agit d’un truc un peu fourre-tout où il y a une mosquée, des bains publics, un caravansérail, un puits, un bazar et une confiserie… Et surtout un panier en osier gigantesque (comme sur la photo précédente mais en bien plus gros) qui sert lors de processions religieuses. Bref, voilà vous savez tout ! En tous cas, c’est joli !

Le complexe Amir Chaghmagh

Un repos bien mérité 

Après nos derniers jours de virées dans le désert et notre étape Khomeinesque, nous avions besoin d’une bonne douche bien chaude, ainsi que d’un peu de wifi et d’un bon gros lit king size ! Ayant économisé nos précieux Rials, nous décidons de les écouler dans une chambre d’hôtel. Mais par n’importe quel hôtel, une maison traditionnelle aménagée en hôtel : il s’agit d’une énorme maison dans laquelle les chambres sont disposées autour d’un vaste patio à ciel ouvert (recouvert d’une bâche en hiver). C’est plutôt classe, surtout pour 3 millions de rials par nuit !

Nous décidons de profiter de ce cadre reposant pour entamer la rédaction de ce blog 🙂

Le lendemain nous repartons à l’assaut de la ville. Ce soir, nos amis allemands Bernd & Angelika nous rejoignent, nous retournerons visiter la ville demain en leur compagnie !

Une porte surmontée du symbole Zoroastrien, la religion est encore pratiquée ici
Ici, comme partout en Iran, les « martyrs » de la Guerre Iran-Irak sont glorifiés

Un petit passage par le bazar, qui heureusement pour Vincent et malheureusement pour Lola, est fermé aujourd’hui !

Nous nous arrêtons dans l’une des nombreuses maisons traditionnelles reconverties en restaurant, et nous nous régalons de quelques spécialités locales et buvons le thé sur le toit de la maison en profitant de la vue sur la ville. C’est un spectacle fascinant que de voir la silhouette de toutes ces coupoles de mosquées se détacher sur le ciel azur, entrecoupée de bâdgir…

Une « skyline » plutôt atypique

Quelques déambulations plus tard, nous rejoignons un bâtiment qui aurait prétendumment servi de prison à Alexandre le Grand. Nous entrons dans ce qui se révèle être un piège à touristes, empli de boutiques sans âme ni authenticité, et le bâtiment lui-même n’est joli que de dehors…

La prétendue prison d’Alexandre le Grand
Un réel plaisir de se promener en ville

Pour notre dernier soir ici, nous sommes rejoints par nos amis Allemands. Vincent n’étant pas en grande forme à force de manger des kebabs restera sagement à écrire le premier article de ce blog tandis que Lola emmenera Angelicka et Bernd visiter la ville.

A la nuit tombée, la mosquée Jameh s’illumine de bleu… Mais ça rend mieux en vrai 😉

Demain, nous quitterons à regret cette ville, cernée par le désert, mais qui regorge de vie et abrite de si beaux monuments. Ses ruelles ocres et ses mosaïques bleues nous manqueront ! 

Épisode 16 – La traversée du Désert

Les chiens aboient, la caravane passe

Après avoir passé une soirée de plus avec nos nouveaux amis français Amandine, Julien et leurs enfants, nous avons décidé de partir tous ensemble un peu plus au sud, en direction du désert, pour y trouver un peu de chaleur.

Nous quittons donc tous les 6 le Mausolée de Khomeini en direction de Kashan, où se situent les portes du Désert du Dasht-e Kavir. En chemin, nous nous arrêtons dans un caravansérail situé le long de la route. Il y en a d’innombrables dans tout le pays. Celui ci est restauré et transformé en hôtel, et nous dormons donc dans les alcôves du bâtiment, sur des tapis, comme jadis les marchands de passage. Très impressionant !

Après une petite chicha, nous allons nous coucher.

Les pieds sur la table

Après cette nuit « traditionnelle », nous nous mettons en route pour Kashan. Nous mangeons dans un restaurant sympatique mais sans grand charme. Accroupis sur ces plateformes typiques du pays, nous nous régalons de différents types de kebabs, accompagnés de riz au safran, de yaourt à l’échalotte et d’une sorte de tapenade locale.

Une « table » traditionnelle

Les portes du Désert

Nous trainons un peu à table, et lorsque nous arrivons au checkpoint qui marque la fin de la route et le début des pistes, il est déjà tard. Les gardes du checkpoint ne veulent pas nous laisser passer, ils avancent tantôt l’argument du risque de se perdre dans le désert ou de s’ensabler, tantôt celui de la loi qui interdit de s’y rendre sans guide. Après d’âpres et vaines négotiations de plus d’une heure, ils ne veulent rien savoir et nous repartons bredouilles.

Le checkpoint qui marque l’entrée du Désert

La nuit tombe, nous dormirons donc dans le coin, préparant la riposte ! Il n’est pas question pour nous de rebrousser chemin, ni de payer les services d’un guide. Nous irons dans ce désert coûte que coûte ! Mais pour l’heure, il est temps de dormir : la nuit porte conseil !

Le lendemain, nous retournons au checkpoint de bonne heure, la barrière est en place, mais pas de gardes à l’horizon : c’est l’occasion ! Nous prenons la piste secondaire qui longe la principale, et qui contourne le checkpoint, suivis de près par le camping-car d’Amandine et Julien. Nous avons l’impression de forcer un barrage de police et nous craignons d’être poursuivis. Il n’en est rien, notre manoeuvre est un succès et nous voilà dans le désert, seuls et libres !

La liberté !

Le Dasht-e Kavir

Notre fidèle camion et son collègue camping-car !

Nous avançons lentement mais surement sur les pistes parfois très sablonneuses du désert. L’horizon s’étend à perte de vue et le regard ne bute que sur les dunes, ou sur des… dromadaires qui traversent la route !

Traversée d’animaux !

Nous arrivons à un deuxième checkpoint où il n’y a également personne, tout se passe bien ! On ne s’est même pas encore ensablés alors que certains passages sont assez délicats ! 

Le lac Namak

Vision insolite dans ce désert : nous croisons de temps à autre  de vieux camions chargés de sel qui repartent du lac Namak, un ancien lac salé de 1800 km² situé non loin ! Nous décidons de nous y rendre, nous n’avons pas tous les jours l’occasion de rouler sur un lac… Le paysage est  magnifique : un horizon blanc à perte de vue. Au sol, le sel forme de petites dalles octogonales qui craquent sous les pieds ! Surprenant !

Tu me passes le sel ?

Nous nous installons au centre du lac, au milieu de nulle part, avec rien pour nous obstruer la vue… C’est très troublant ! Nous sortons les tables et les chaises pour déjeuner ici, nos tomates seront salées avec le sel ramassé directement sur le sol ! Il n’y a absolument personne, c’est parfait pour faire voler le drone, et les filles peuvent laisser tomber le voile 🙂

Nous repassons du sel au sable, et reprenons la piste pour avancer plus en profondeur dans le désert. Nous arrivons à un caravansérail en pleine restauration, nous en profitons pour acheter du bois en prévision de la soirée.

Un caravansérail au milieu du désert

Quelques kilomètres plus loin, les différentes pistes deviennent de plus en plus difficiles et s’arrêtent finalement au pied des dunes, le vrai désert commence ici, impossible d’aller plus loin ! Nous y installons notre bivouac.

Les dunes

Pour ne pas gâcher le silence du désert, seules les images suffiront pour raconter notre expérience :

Après quelques maïs et patates grillés au pied des dunes, des dromadaires viennent nous rendre visite pour tenter de nous voler les restes. Hormis cette visite odorante et nocturne, la nuit fût la plus calme depuis bien longtemps…

Même si nous serions volontiers restés dans ce cadre idyllique, le pays est vaste et notre visa est limité, il nous faut à présent repartir !

Direction : Kashan. Nous déjeunerons tous ensemble, puis nous ferons la conaissance d’une autre famille de français : les « Chaprons bougent », nous passons la soirée et la nuit tous ensemble dans un parc de Kashan : 10 français autour de l’apéro, et pas une bière en vue !

Demain, chacun reprendra sa route, et la notre nous menera à Yazd !

See you later !

« Il n’y a pas de plus grande émotion que d’entrer dans le désert. »

Le Clezio