Épisode 21 – Le charme romantique de Shiraz

Qui ne veut pas de ces plaisirs a
perdu tout bonheur de vivre
Et qui ne les a pas cherchés
s’est lui-même interdit de vivre


Et oui ! Nous commençons cet article par un peu de poésie, quelques lignes signées Hafez Shirazi, car la prochaine étape de notre itinéraire Iranien sera Shiraz ! (Chiraz en Français.) Le nom même de cette ville semble familier à l’oreille de tout un chacun tant elle porte en elle une certaine conception d’un orient raffiné, subtil et romantique. Ancienne capitale avant l’avénement de l’ère Kadjar, renommée pour ses poètes et autrefois ses vignobles (le Syrah vient d’ici !), c’est la ville incontournable pour découvrir l’histoire et la culture persane.

Et c’est bien ce que nous comptons faire !

Pour visiter Shiraz, comme souvent lorsque nous sommes en ville, nous préfèrons profiter du confort d’une chambre d’hôtel douillette que de dormir le long d’un trottoir ou sur parking, on est ainsi sûrs de ne pas se faire dégager dans la nuit et on profite d’une douche bien chaude ! (Surtout quand la chambre est fournie avec un copieux petit déjeuner, le tout pour moins de dix euros ^^)


L’inévitable bazar…

C’est devenu un incontournable lors de la découverte d’une ville : le passage au bazar ! Si toutes les villes en possèdent un, tous ne se ressemblent pas ! Certains sont plus charmants que d’autres, et en l’occurence, celui de Shiraz n’est pas le plus attachant du pays ! (pour l’instant, notre chouchou reste celui de Qazvin !)

Les bazari sont toutefois très sympatiques, et lorsqu’en parlant nous leur disons que nous sommes français, ils nous apprennent qu’en France c’est la « guerre » et nous demandent si nos familles vont bien… Apparement, les médias internationaux en font des tonnes à propos des « Gilets Jaunes » !


La mosquée Vakil

Au bout d’une des allées du Bazar se situe l’entrée d’une mosquée qui, une fois n’est pas coutume, ne s’appelle pas « Jameh. » Celle-ci porte le nom de Vakil, et elle est réputée pour ses colonnes apparement.

L’imposante entrée de la mosqée Vakil

La salle de prière fait 3000 m², et elle contient 48 piliers colossaux (et monolithiques !) taillés en torsade. C’est sobre et très impressionant ! On adore !

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Les bains Vakil

Le hammam Vakil jouxte la mosquée du même nom. S’il devait être agréable de s’y délasser à l’époque, sa splendeur et son attrait se sont bien délités avec le temps…


Citadelle Karim Khan

Nous flânons un peu dans les rues agréables de Shiraz puis nous arrivons sur l’immense place Shohada où se trouve la fameuse citadelle Arg-e Karim Khan, emblématique de la ville.

Avant d’y pénétrer, nous visitons un petit musée juste en face, niché dans un jardin persan typique, qui doit être très agréable en été. Aujourd’hui, même s’il y a des orangers chargés d’oranges et quelques bas reliefs sympas, le musée en lui même est extrêmement petit, et le jardin est en travaux…

La citadelle ارگ کریم خان (Arg-e Karim Khani en français !)

Après cette première approche, nous dînons dans un petit resto au son d’un groupe de musiciens qui jouent quasiment pour nous tous seuls ! Puis direction l’hôtel et au lit !

Une architecture raffinée

Il est encore tôt en ce dimanche matin quand nous nous mettons en route assez laborieusement, l’estomac chargé d’Halim (bouillie d’agneau, de blé, beurre, canelle et sucre…) Et si nous partons tôt, c’est parce qu’un iranien rencontré la veille nous a bien briefé sur la visite de la mosquée Nasir-ol-Molk : on doit y aller impérativement au lever du soleil pour éviter la foule et surtout profiter d’un effet de lumière prometteur !

En chemin nous nous arrêtons devant l’entrée d’une Madresseh (école coranique), dont les détails sont très jolis !


La mosquée Nasir-ol-Molk

Puis nous arrivons enfin devant ce que l’on nous a présenté comme la plus belle mosquée d’Iran (ok, on nous dit ça dans chaque ville, mais quand même !) la fameuse mosquée Nasir-ol-Molk, plus connue en français sous le nom de mosquée Rose.

L’entrée ne paye pas de mine…
La cour intérieure

Si les espaces extérieurs sont déjà grandioses, c’est en rentrant dans la salle de prière elle-même que la magie opère vraiment : en effet, la facade de la mosquée est ornée de vitraux multicolores que le soleil levant vient frapper pour illuminer la salle de couleurs vives ! C’est vraiment exceptionnel ! On vous laisse admirer :




La Maison Qavam

Il s’agit d’une luxueuse résidence traditionelle persane, entourée d’un beau jardin agrémenté de palmiers et de fleurs dans lequel volent des sortes de perroquets bleus très surprenants ! La demeure est imposante, et bien que l’architectecture soit iranienne, la « déco » est… victorienne ! Très bizarre !


L’Imamzadeh-ye Ali Ebn-e Hamze

En sortant du jardin de la maison Qavam, nous décidons de nous rendre sur la tombe d’Hafèz, un célèbre poète iranien, le Victor Hugo local. En chemin nous apperçevons un dôme resplendissant ainsi qu’un minaret : nous décidons d’aller voir de plus près !

C’est ainsi que l’on a débarqué à l’Imamzadeh-ye Ali Ebn-e Hamze, il s’agit d’un mausolée qui renferme la tombe du neveu du 7ème Imam.

Rappelons que les Iraniens sont chiites, et qu’ils considèrent comme « saints » les 12 imams successeurs du prophète Mahomet, et par extension, les membres de leurs familles sont aussi l’objet d’une grande dévotion…

C’est donc dans un lieu saint que nous entrons, et quasi instatanémment, nous sommes « pris en charge » de façon un peu autoritaire par un guide officiel pour touristes non-musulmans qui nous « invite » à le suivre. Vincent n’aime pas trop son ton impératif, et Lola se voit obligée de revêtir un chador intégral (jusqu’aux pieds) et affreux qui plus est ! Il nous entraîne alors dans une salle spéciale pour touristes où il nous offre gracieusement le thé en nous expliquant pas mal de trucs sur le mausolée et sur l’islam en général. Si le premier contact a été assez spécial, ce guide est finalement plutôt sympa, et nous pouvons visiter l’intérieur.

L’Imamzadeh-ye Ali Ebn-e Hamze
Il a fallu plus de 10 ans juste pour mettre tous les mirroirs !

Le Jardin du Poète

Tu es comme le matin. Je suis la lampe qui brille,
Seule, à l’aube. Souris-moi, et je donnerai ma vie.
Tu es le deuil de mon cœur, pour les boucles de ta tête
Que ma tombe fleurira d’un tapis de violettes.
Je me tiens, les yeux ouverts, sur le seuil de ton désir.
Dans l’attente d’un regard, …mais, de moi, tu te retires.
Merci. Que Dieu te protège, ô cohorte de douleurs,
Car, lorsque je serai seul, tu resteras dans mon cœur!
De mes yeux je suis l’esclave, lorsque, malgré leur noirceur,
Le compte de mes chagrins leur fait verser mille pleurs.
Mon idole se dévoile aux regards de tout le monde,
Mais personne ne surprend tant de grâce, que moi seul.
Mon amour, comme le vent, quand tu passes sur ma tombe,
Dans ma fosse, de désir, je déchire mon linceul…

Hafez Shirazi – La lampe solitaire

En Iran, il n’est personne qui ne connaisse Hafez. C’est LE poète. Ses vers sont enseignés à l’école, ses poèmes sont mis en chansons, et tout le monde est capable d’en réciter des passages ! Hafez Shirazi est originaire de Shiraz comme son nom l’indique. Il y est aussi enterré. Son tombeau est au centre d’un beau et vaste jardin dans lequel des hauts parleurs sont installés et diffusent des lectures de ses oeuvres en continu. De nombreuses personnes viennent lui rendre hommage en effleurant sa tombe ou en récitant des poèmes.

Le tombeau d’Hafez

Le Mausolée de Shah Cheragh

Puis, à la nuit tombée, nous allons visiter un nouveau mausolée, celui des deux fils du 7ème Imam chiite. Un monument encore plus sacré et encore plus vaste que le précédent.

Endroit exceptionnel, mesures exceptionnelles ! Autrefois, les non-musulmans n’étaient pas autorisés à rentrer dans le sanctuaire. Aujourd’hui c’est possible mais sous conditions ! A l’entrée nous sommes priés d’attendre, Lola doit à nouveau porter un immense chador fleuri qui lui donne l’air de s’être enroulé dans un rideau de douche… Puis notre « guide » arrive. Il porte fièrement une écharpe façon Miss France où est inscrit « International Affairs ».

Il nous accompagnera dans le sanctuaire, en nous expliquant énormément de choses sur sa construction, sa destruction par un séisme puis sa restauration. Il ne sera pas non plus avare de détails sur sa foi et sur l’histoire du martyr des deux « saints » enterrés ici. Il était même plutôt drôle en fait ! Nous avons eu le droit de jeter un oeil à l’intérieur, mais pas plus !


Des espaces verts enchanteurs

Et pour finir notre visite, après nous être abreuvés de monuments majestueux et raffinés, nous ne résistons pas à l’envie de vous faire partager notre coup de coeur, ce qui restera pour nous l’image de notre passage à Shiraz : le rond point de l’entrée dans la ville et sa magnifique sculpture végétale !

Prochaine étape : Persepolis !

Épisode 20 – Le golfe persique

Plein sud !

Nous quittons le désert de Lut en quête de toujours plus de chaleur et avec la ferme intention de nous baigner dans la mer d’Arabie, ce bras de l’Océan Indien qui vient border les côtes iraniennes du golfe persique.

La route est longue, et les paysages désertiques, il n’y a pas grand chose à faire et nous faisons le trajet de Sirjan à Bandar-Abbas en une fois !

Il n’y a pas grand monde à part des routiers sur cette autouroute interminable. Puis, petit à petit, le sable laisse entrevoir quelques palmiers, puis des plantations entières de datiers, ça donne une ambiance encore plus désertique, c’est plutôt cool !

A sec !

Des iraniens nous avaient avertis de la difficulté pour faire le plein de gasoil sur l’île de Qeshm, où nous voulons nous rendre. Par conséquent, nous décidons de prendre le bateau qu’une fois le réservoir rempli à ras bord…

Oui mais voilà : en arrivant en vue de Bandar-Abbas, les stations sont pleines à craquer de camions qui font la queue jusque sur l’autoroute… Bizarre ! Nous en trouvons une à peine moins pleine que les autres et tentons notre chance. Les routiers nous disent que les cuves sont vides, que cela est fréquent dans la région, et que nous devons attendre que des camions citerne viennent réapprovisionner la station. Quand on leur demande quand cela arrivera, la réponse est simple : « Peut être dans 5 minutes, peut être dans une heure, ou peut être demain… »

La galère !

Nous décidons d’attendre un éventuel camion-citerne… Mais au bout de 4h, nous comprenons qu’il ne viendra peut être vraiment que demain. Les routiers sont à présent presque une centaine et ils se sont installés pour durer : tapis, réchauds pour le thé, coussins, et de nombreux pique-niques s’improvisent sur l’aire d’autoroute.

Ce ne serait pas la première fois que l’on dort dans une station-service, mais l’île de Qeshm est à portée de ferry et nous attend de pied ferme. Vincent part donc faire la tournée des routiers pour leur acheter un fond de réservoir…

L’attente sera beaucoup moins longue que prévue, et le succès est au rendez-vous : chacun veut aider en siphonnant son réservoir… Au final, nous devons prendre le gasoil de 2 routiers différents pour que tout le monde soit content ! Et surtout, après avoir lourdement insisté pour payer, ils n’en demordent pas : c’est cadeau !

Le plein le plus long et le moins cher jamais fait !

L’île de Qeshm

Avec notre arrêt au stand qui s’est un peu éternisé, nous arrivons à l’embarcadère au coucher du soleil. C’est une veille de week-end et l’Iran tout entier à décidé de le passer sur l’île en notre compagnie… La file d’attente du port est interminable, les paperasses pour les étrangers aussi… Bref, il est tard, nous sommes fatigués, mais on traverse !

Des 405, et nous !

Pour finir la nuit, nous nous rendons à Qeshm (ville), la capitale de cette grosse île de 1300 km². Nous tentons un hôtel, mais tout est plein. Nous passerons la nuit sur le parking, entre un restaurant de plage et un parc à l’iranienne en bord de plage. C’est très sympa, et aussi très bruyant, mais ça ira très bien 🙂

Le lendemain, nous rencontrons Farrad, un iranien passionné de culture et d’histoire de France (et aussi de Mireille Mathieu, mais c’est une autre histoire), puis c’est au tour de Jafar (oui, comme le méchant dans Aladdin) de venir nous voir, intrigué par notre véhicule. Jafar vient de faire le tour de l’île en vélo et nous indique quelques coins sympa. Une discussion très politique et aussi très intérressante s’installe rapidement, tous deux nous parlent des dirigeants corrompus, de la place trop importante de la religion dans l’état, du manque de démocratie et des aspirations de la jeunesse à changer les choses. Nous ne pouvons que les comprendre et leur assurer que même si l’échelle est différente, le problème est le même en France. Nous les remercions tous les deux pour leur gentillesse et nous nous mettons en route pour…

La vallée des étoiles !

Rien que ça… Nous suivons les panneaux marrons (qui en Iran indiquent soit des endroits touristiques, soit des complexes pétro-chimiques, on ne sait toujours pas pourquoi…) et nous arrivons dans la « Star’s Valley »

Nous comprenons très vite que tous les iraniens en week-end qui ont pris le bateau la veille avec nous ont eu la même idée : c’est bondé ! Mais c’est sympa quand même, il s’agit d’une vaste zone où l’érosion a dessiné des canyons et d’autres formations géologiques qui ont sans doute un nom dans la roche. C’est très joli.

La faune locale

A peine arrivés sur l’île, nous sommes prévenus :

Et en effet, les dromadaires sont omniprésents ici : isolés ou par troupeaux, petits ou grands, beiges ou marrons… Il y en a partout ! C’est très sympa au début puis assez vite pénible quand ils s’incrustent sur un bivouac à la recherche de nourriture !

Nous allons ensuite à « LA » plage de l’île : la plus longue, la plus belle, la plus touristique surtout ! Il s’agit d’une belle plage en effet, mais envahie d’iraniens du continent en week-end, qui se garent directement au bord de l’eau, et se baignent tout habillés, religion oblige. Il y a aussi des loueurs de quads, des vendeurs en tous genres, des baptèmes d’ULM… Bref c’est pas trop notre kif… Heureusement que nous croisons cette bonne vieille tête :

C’est une chamelle, nous l’appelons donc Coco…

Après les chameaux, en route pour voir… les dauphins !

Nous avons appris l’existence d’un petit port dont la spécialité est d’organiser des tours en bateau pour voir les dauphins qui sont apparemment nombreux dans le détroit d’Ormuz. Nous arrivons donc dans un petit bled où il n’y a que 3 bâtiments : la station service, la mosquée et la « gare » de départ des bateaux pour voir les dauphins.

Après avoir payé notre place pour un peu plus d’un euro, nous montons à bord d’une barque hors d’âge qui semble prête à s’effondrer !

Malgré tout, ce fut une expérience sympathique et notre capitaine d’un jour a rapidement déniché quelques dauphins que nous avons eu le plaisir de voir nager devant et autour du bateau.

En revanche, en photo, et même en vidéo ça rend pas top, désolé !

Notre frel esquif !
La meilleure photo de dauphin qu’on ait, désolé !

Puis le pilote frôle quelques récifs aux eaux claires et riches en poissons multicolores. (qui par contre ne sont pas méga-photogéniques…)

Si on regarde bien, il y a des tas de poissons !

Et il nous dépose sur l’ilôt d’Hengam, (où par le plus grand des hasard se trouvent des paillotes qui vendent des souvenirs affreux faits en coquillages)

La vallée des Statues !

Après une bonne baignade dans une eau magnifique et une bonne nuit de sommeil, nous nous réveillons bien décidés à poursuivre l’exploration de cette île vraiment charmante, lorsque nous surprenons un fennec qui rôde autour du camion !

Notre visiteur s’enfuit !

Direction la vallée des statues, un endroit égalemet sculpté par l’érosion et le temps. Plutôt impressionant et à part quelques camelidés, personne !

La terre à l’air bien sèche…

Nous continuons notre petite balade insulaire en direction du très réputé « Chakooh Canyon », une gorge naturelle creusée sur plusieurs centaines de mètres par l’eau lors des pluies violentes que peut connaître cette île.

Ce site est vraiment impressionnant !

Un point d’eau dans le village d’à côté nous a permis de faire une lessive plus que nécessaire… Nous nous installons en bord de mer pour faire sécher nos habits entre les 2 seuls arbres à des kilomètres : parfait !

Nous avons reçu des nouvelles des nos amis Amandine & Julien : ils ont enfin reçu leurs passeports avec leurs précieux visas pakistanais dessus ! Plus rien ne les retient donc à Téhéran… Ils en ont assez de cette ville, et surtout on leur manque beaucoup, ce que l’on peut comprendre… Ils décident donc de parcourir les 1400 kms qui séparent Téhéran de Qeshm. Nous sommes ravis pour eux, et surtout très content de les revoir bientôt tous les 4.

D’ailleurs, on vous recommande vivement d’aller jeter un oeil sur leur blog, non seulement parce qu’un récit croisé c’est encore mieux et plus complet, mais au moins pour voir leurs tronches 🙂

Histoire que nos amis aient un peu moins de route à faire, nous remontons au nord de l’île, vers le port d’arrivée du ferry qui arrive du continent.

Un monde à part

En attendant qu’ils nous rejoignent, faisons un petit topo sur Qeshm, qui est un monde à part dans le monde à part qu’est l’Iran.

Ici, la société est restée très conservatrice, les femmes portent toutes le Chador jusqu’aux pieds, et les seules que nous croisons habillées plus « cool » sont des iraniennes du continent en vacances. Il est facile de les différencier car ici les gens ont la peau bien plus foncée que dans le reste du pays, ainsi que des traits plus typiques du sous-continent indien.

Autre élèment particulier à Qeshm, le « Boregheh », une sorte de masque que portent les femmes sur le visage, cachant ainsi leur nez. Il s’agirait d’un ancient stratagème pour semer la confusion dans les rangs ennemis afin qu’ils ne discernent pas les hommes des femmes (vu que ça fait un peu moustache quand même !)

Nous n’avons pas vraiement osé demandé à ces femmes de les photographier, donc on vous a mis 2 photos trouvées sur le web, juste pour illustrer, désolé. D’ailleurs, on vous incite à lire cet excellent reportage de la BBC (en anglais) pour mieux comprendre les traditions locales.

© newsnation.in
© qantara.de

Les masques sont très différents d’une femme à l’autre, la majorité sont noirs ou cuivrés, mais certains sont très colorés. Les formes aussi diffèrent beaucoup. Toutes ces différences permettent de savoir si la femme est mariée ou non, et de quel village elle vient… C’est très spécial !

Un « lenj » : un bateau de pêche typique de l’île, construit et utilisé ici
Des Lenj à marée basse

Les panneaux nous avaient prévenus, il y a des dromadaires de partout, même et surtout sur la route ! Cela rend la conduite encore plus particulière ! A savoir qu’ici, il n’y a évidemment pas d’autoroutes et toutes les routes ne sont pas goudronnées… Par conséquent les 405 Peugeot ont laissé la place à des Pick-up Toyota ou aux fameuses camionettes bleues SAIPA (la marque nationale Iranienne)

Nous croisons aussi un site d’extraction de pétrole, équipé d’une torchère (ces immenses conduits d’où s’échappe et brûle le gaz naturel non utilisé, pour le plus grand malheur de la couche d’ozone…)

On retrouve les copains…

Et seulement 2 jours après être partis de Téhéran, à 2h du matin, nous sommes rejoints par le camping-car d’Amandine et Julien ! Nous sommes très heureux de les revoir ainsi que leurs gosses, Gaël et Pablo ! ( T’as la bise de Va-t’en, Pab ! )

Après une soirée de retrouvailles mémorable et un repos sommaire, nous allons nous poser en bord de mer, au calme pour profiter un peu de la baignade, et même faire un petit tour de kayak ! (pour une fois qu’il sert à quelque chose celui-là !)

Un bivouac au top !
Un petit tour jusqu’à la mangrove !

…et des invités surprise !

Le temps de préparer un bon repas et nous sommes rejoints par des invités surprise, pas très farouches, assez curieux et un peu sans gêne !

Un troupeau entier s’invite ! (6 sur la photo, cherchez bien !)
Les dromadaires sont intrigués par notre campement !

Puis subitement un orage démentiel éclate, soulevant tellement d’eau et de sable qu’il nous oblige à tout rentrer à la va-vite et même à lever le camp car les vagues deviennent vraiment énormes… Nous trouverons refuge sur le parking tout proche du Chakooh Canyon.

Oman ?

Nous passons quelques jours sur l’île avec nos copains, et nous envisageons de les suivre en Oman et aux Emirats pour profiter encore des chameaux, du sable, de la mer et du soleil…

Les garçons s’occupent d’essayer de trouver un bateau pour traverser la mer d’Arabie jusqu’à Dubaï (car il n’y a plus de laison Iran-Oman (merci Trump !)) Ils partent une journée entière en serrant les fesses alors que nous sommes tous malades du resto de la veille et que tout le monde se vide par tout les trous ! Une sacrée expédition !

Oui mais voilà, pour aller en Oman et aux Emirats, il faut posséder ce fameux carnet de passage que nous n’avons pas puisque nous avons opté pour une solution alternative pour l’Iran.

Nous entamons donc les démarches pour le faire en un temps record, nous mettons un peu la pression à l’Automobile Club (qui s’occupe de le délivrer) vu que notre visa expire dans une semaine… Si nous obtenons le CDP nous pouvons continuer tous ensemble, sinon il faudra soit faire très très vite pour remonter jusqu’à la frontière turque, soit faire prolonger le visa.

La situation est épineuse…

Nous obtenons le carnet de passage, mais plus personne ne livre en Iran (merci encore Trump !), impossible donc de l’obtenir… Fin de l’aventure Omanaise qui n’a même pas commencée pour nous ! C’est un revers, mais nous décidons de faire prolonger notre visa pour rester un mois de plus.

La grotte de Sel

Pendant que nos amis restent sur Qeshm Ville pour collecter des infos sur les bateaux avec des Allemands rencontrés en route, nous continuons donc d’explorer l’île…

Nous arrivons alors à Namakdan, la grotte de sel la plus grande du monde. C’est un immense réseau de grottes et de rivières souterraines de plusieurs kilomètres, dont seules quelques centaines de mètres sont accessibles au grand public. Le plafond, les murs et le sol et sont recouverts de sel ou de cristaux de sel… Il y a même une grotte « cachée » où un guide nous invite à aller ! Et pour ce faire, il faut ramper au sol et se faufiler dans une faille qui laisse juste passer les bourrelets formés par un excès de bonne cuisine iranienne ! A l’intérieur, des sculptures de sel, de couleurs variées sont formées et déformées par les pluies. Contrairement à une grotte « classique » qui a mis des millénaires à se façonner, l’aspect de cette grotte peut changer d’un jour à l’autre ! Fascinant !

Désolé pour la piètre qualité des photos, qui dans le noir total et sans trépied, ne traduisent rien de la beauté du site !

L’entrée de la grotte
Le passage vers la deuxième grotte !

Le temps des adieux !

Julien, Amandine ainsi que Mélanie et Robert (leurs amis allemands) nous rejoignent pour passer nos 2 dernières soirées communes… Julien et Vincent partent au village d’à côté pour ramener de quoi faire un barbecue. Bien qu’ils aient failli revenir avec une chèvre, ils ne rentrent qu’avec de la viande de kebab surgelée et des herbes de provences sans grand intérêt…

Photo volée ici : https://chats-perches.blog/

Puis nous reprenons un bateau pour retourner à Bandar-Abbas. Notre visa arrive à expiration dans 48 heures et nous n’avons pas spécialement envie de tester la garde à vue iranienne. C’est donc reparti pour des photocopies, des photos, l’attente aux bureau de l’immigration, un aller-retour à la banque pour payer, puis finalement nous avons nos prolongations ! Nous rempilons pour un mois dans ce pays qui nous à tellement séduits !

Nous allons ensuite honorer l’invitation à déjeuner d’Amir, le mec sympa qu’on avait sorti du sable dans le désert de Lut. Nous avions gardé contact depuis, il prenait régulièrment de nos nouvelles en insistant bien pour qu’en passant à Bandar-Abbas, nous allions manger chez lui ! C’est donc chose faite ! Amir, sa femme et toute sa famille nous ont reçus comme des rois, et nous avons mangé le meilleur repas depuis très longtemps ! C’était un vrai régal… Merci beaucoup Amir pour cette journée ! A la prochaine ! 😉

Puis après de vrais adieux à Amandine, Julien, Pablo et Gaël dans le port de Bandar-Abbas, nous reprenons la route du nord, car à partir de maintenant, nous ne nous éloignons plus de notre point de départ, la France, mais nous nous en rapprochons… En effet, pour nous après un peu plus de 3 mois de voyage, nous avons atteint le point le plus éloigné de notre parcours. 😥

C’est assez étrange de se dire que maintenant « nous rentrons »

La route du retour ?!

Sur le papier oui, en effet, chaque kilomètre nous rapproche du départ… Mais nous ne voyons pas les choses comme cela !! Il reste tellement de kilomètres à parcourir, nous avons encore un mois de visa tout neuf à exploiter et tellement d’endroits à explorer… Nous prévoyons donc de découvrir la belle Chiraz, de visiter l’antique cité de Persepolis, de flâner à Isfahan, pourquoi pas repasser à Téhéran, aller voir la mer Caspienne…

Moins pressés par le temps, nous nous remettons en route plus libres et détendus que jamais !

D’étranges huttes se dressent le long de la route…

Ca sent le gaz, non ?!

Puis, nous longeons un complexe pétro-chimique d’extraction de pétrole. Il s’agit d’un site immense qui s’étale en bord de mer de part et d’autre de l’autoroute sur plusieurs dizaines de kilomètres. C’est réellement gigantesque. C’est moche, c’est pollué, ça pue le gaz. Partout des panneaux interdisent de prendre des photos, et de jeter ses mégots par la fenêtres. D’énormes pipelines traversent l’autoroute, d’immenses torchères en feu nous entourent, c’est flippant…

Des torchères en feu

Nous dormirons plus loin, au bord de l’eau, avec une vue sur une torchère, sous le regard inquisiteur d’un mirador entouré de barbelés…

Une lueur dans la nuit !